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Voyages privés en Asie - Horizons 2014-2016

White Sun

White Sun

Un film de Deepak Rauniyar, Népal, 2016

La mort de son grand-père sera-t-elle l'occasion pour la petite Pooja de rencontrer enfin son père, qu'elle n'a jamais vu et dont sa mère ne lui parle pas? Les funérailles font en effet revenir l'ancien combattant maoïste dans le village des montagnes népalaises qu'il avait quitté pour rejoindre la rébellion contre la monarchie. Dix ans après la fin de la guerre civile, il retrouve l'épouse qu'il avait abandonnée, une fillette qui le prend pour son père, un orphelin de guerre qui lui colle aux basques, un frère qui le déteste et des anciens toujours attachés à leurs valeurs discriminatoires.

dès le 17 mai à Fribourg
dès le 10 mai à Genève et Lausanne

www.trigon-film.org

Pour connaître le programme des salles aujourd'hui:

Dans toute la suisse romande:

http://www.cinemas.ch

 

Liens intéressants :

FIFOG - Festival International du Film Oriental de Genève

Festival International de Films de Fribourg

Visions du Réel - Festival International de cinéma de Nyon

Blackmovie - Festival de films des autres mondes

Trigon-Film - L'autre dimention cinématographique

Filmcoopi - Distribution, Zürich

Films pour un seul monde - Films et vidéos en rapport avec le développement, la rencontre des cultures, les pays du Sud et de l'Est.

Asian film connections - L'actualité cinématographique, informations immédiates et complètes au sujet des films d'Asie, particulièrement du cinéma de la Chine, de Hong Kong, du Japon, de la Corée, et de Taiwan.

Arte-tv-com - Site de la chaîne de télévision Arte qui diffuse de nombreux films et documentaires sur les pays du monde arabe et asiatique.

The Internet Movie Database (IMDb) - Probablement le plus grand site, mais aussi le plus complet!, sur le cinéma international des débuts à nos jours.

Nos films préférés

Wolf and Sheep

de Shahrbanoo Sadat, Afghanistan, 2016

A l’affiche dès le 30 novembre dans différentes villes romandes Un petit hameau perdu dans les montagnes afghanes. Les enfants gardent les chèvres et les moutons et les protègent des loups qui rôdent aux alentours. Les garçons s’entraînent à la fronde, les filles imaginent leurs mariages. La jeune Sediqa est, quant à elle, tenue à l’écart parce qu’elle aurait le mauvais oeil. Toute jeune réalisatrice, Shahrbanoo Sadat nous propose une chronique villageoise d’une beauté confondante.

www.trigon-film.org

Innocence of Memories

Orhan Pamuk's Museum and Istanbul
de Grant Gee, Turquie, 2015

Ni vraiment documentaire, ni fiction non plus, Innocence of Memories est une immersion à la fois charnelle dans le vieil Istanbul et psychologique dans l’œuvre du Nobel de littérature turc Orhan Pamuk.

Le film est une mise en images, et en voix, du roman de l’auteur «Le musée de l’innocence», qui nous fait vivre l’amour de Fusun et de Kemal, abruptement brisé par la mort de la première. Ayla, amie de Fusun, et Kemal égrènent leurs souvenirs pendant que la caméra déambule parmi les vitrines du musée, somme d’objets appartenant à l’époque du récit, qui auraient pu être ceux des personnages du roman.

www.trigon-film.org

Nostalgie de la campagne

de Dang Nhat Minh, Vietnam, 1995

De par son réalisme poétique et sa force sensuelle, «Nostalgie de la campagne» n'a pas son égal dans le cinéma actuel. Dang Nhat Minh, figure de proue de l'actuel cinéma vietnamien, se refuse à nous exposer une prétendue misère. C'est beaucoup plus un regard tendre sur la richesse humaine de ses personnages denses et sensibles qu'il nous offre. Les images pleines de fantaisie et d'émotions contrastent vivement avec une critique étonnement ouverte de la société toujours matérialiste. Dang Nhat Minh fait preuve d'une rare générosité. Il prend les gens et leurs sentiments avec sérieux, respect et compréhension. Il peut ainsi - comme cela est si bien dit dans le film - même faire d'un neuf un dix.

http://www.trigon-film.org/fr/movies/Nostalgie_de_la_campagne

Heavenly Nomadic

de Mirlan Abdykalykow, 2015 - TRIGON FILM

Une histoire paisible, au milieu du décor sublime d’une vallée encore sauvage. Une famille qui perpétue des traditions et un mode de vie centenaire, mais consciente de leur fragilité. Cette sérénité n’est qu’apparente, les drames et les tensions affleurent. Premier film, Nomades célestes, nous fait pénétrer simplement dans un monde en voie de disparition.

The Assassin

de Hou Hsiao Hsien, Chine, 2016

Nous sommes en Chine, au IXe siècle. Après des années d'absence, Nie Yinniang retourne vers sa terre natale. Elle a été formée pour éliminer des politiciens gênants. Sa dernière tâche: assassiner le gouverneur Tian Jian. Nie hésite car Tian n'est pas un inconnu pour elle, bien au contraire car autrefois ils étaient fiancés. Mais des intrigues politiques ont empêché le mariage. La jeune femme est face à un dilemme: remplir le contrat et tuer l'homme qu'elle aime, ou alors écouter ses sentiments et oser l'impensable…

Les délices de Tokyo

de Naomi Kawase, 2015

Solitaire et malheureux, Sentaro gère une petite boutique de dorayakis, des pâtisseries traditionnelles japonaises composées de deux pancakes fourrés de pâtes de haricots rouges confits. Un jour, Tokue, une vieille dame de 70 ans, vient répondre à son annonce, et se propose de l’aider en cuisine. D’abord réticent, Sentaro finit par se laisser convaincre lorsque Tokue lui démontre ses formidables talents de cuisinière. Sous ses airs innocents et malgré un lourd secret, elle va bouleverser la vie de Sentaro…

Au-delà des montagnes

de Jia Zhang-Ke, Chine, 2015

Chine, fin 1999. Tao, une jeune fille de Fenyang est courtisée par ses deux amis d’enfance, Zang et Lianzi. Zang, propriétaire d'une station- service, se destine à un avenir prometteur tandis que Liang travaille dans une mine de charbon. Le cœur entre les deux hommes, Tao va devoir faire un choix qui scellera le reste de sa vie et de celle de son futur fils, Dollar... Sur un quart de siècle, entre une Chine en profonde mutation et l’Australie comme promesse d’une vie meilleure, les espoirs, les amours et les désillusions de ces personnages face à leur destin.

Une famille respectable

Massoud Bakhshi – Iran – 2012

Invité par l’université de Shiraz pour donner un enseignement, Arash se trouve en Iran après plus de 20 ans d’absence. Son retour coïncide avec l’agonie de son père avec qui il avait perdu tout contact. Il se laisse convaincre par son neveu Ahmed de lui rendre une dernière visite. Thriller avec tous les attributs du genre: angoisse, suspens et coup de théâtre.

C’est un portrait au vitriol d’une société pour le moins angoissante que nous propose, pour son premier film, Massoud Bakhshi. Le ton est donné dès la première séquence, haletante, oppressante, confuse, de l’enlèvement d’Arash. A Shiraz, il loge chez sa mère qui, elle, vit dans le souvenir de son autre fils, Amir, le frère aîné d’Arash, mort durant la guerre contre l’Irak. La fortune de son père agonisant suscite des convoitises de tous côtés, Arash, seul fils vivant, devenant malgré lui, le centre, puis la victime, d’intrigues sanglantes. Cette atmosphère de film noir, qui prévaut dans Une famille respectable (Yek khanévadéh-e Mohtaram), est dominée par la mémoire pesante de la guerre entre l’Irak et l’Iran, au début des années 80. Le souvenir des «martyrs» est entretenu par le pouvoir alors que les familles pleurent toujours leurs chers disparus. Cependant, la guerre a eu aussi ses profiteurs, dont le père d’Arash.

The Last Friday

de Yahya Alabdallah, Jordanie 2012

Youssef vient d’apprendre de son médecin qu’il doit être opéré de toute urgence s'il ne veut pas de complications. Comme ce ne sont pas ses maigres revenus de chauffeur de taxi qui lui permettront de payer les frais de l’intervention, Youssef doit secouer sa solitude pour trouver l’argent. Débuts enthousiasmants du jeune cinéaste Yahya Al Abdallah, The Last Friday, a quelque chose d’exotique dans la simplicité de sa mise en scène. Le réalisateur ne se laisse pas distraire, suivant pas à pas un Youssef (Ali Suliman, déjà vu dans Paradise Now et dont la superbe interprétation doit être soulignée car c’est sur elle que repose une bonne partie de la réussite du film) esquinté dans son quotidien solitaire et mutique. Ce sont ces petits instants d’humour, volés à l’obscurité des nuits d’Amman, qui colorent le film et lui donnent un ton imperceptible de légèreté. Primé à Dubai avec le Prix du Jury, du meilleur acteur et du meilleur compositeur.

Shanghai, Shimen Road

Haolun Shu – Chine – 2011

La trame de ce premier film se passe à la fin des années 1980, à Shanghai. Dans cette ville tentaculaire, un garçon de 16 ans, Xiaoli dont la mère a émigré aux Etats-Unis, vit apparemment en paix, entouré de son voisinage et de son grand-père. Et surtout de sa meilleure amie, Lanmi qui travaille en usine. Très proche d'elle, Xiaoli commence à souffrir lorsqu'il prend conscience que Lanmi dérive loin de lui, attirée par les possibilités nouvelles de la Chine qui s'ouvre à la culture occidentale, aux produits et biens étrangers, et aux milieux des affaires. Alors qu'il rêve de rejoindre sa mère, il se rapproche de sa camarade de classe Lili. Et le pays qui change très vite va vivre les évènements de 1989, qui forcent alors Xiaoli à grandir et à quitter le monde de l'adolescence et les rêves qui le parsèment. No. 89 Shimen road se révèle à la fois un film générationnel et universel/initiatique. Un film sur une jeunesse léthargique perdue dans une ville gigantesque, une jeunesse à l'avenir incertain, témoin de la naissance d'une nouvelle Chine. Un film sur une génération troublée, qui essaie de trouver sa propre voie mais pour laquelle le processus de croissance et la sortie de l'adolescence sont parfois difficiles.

"I Wish (Nos voeux secrets)"

Escapade enfantine au pied d'un volcan

film japonais de Kore-Eda Hirokazu, 2012

Il y a près de dix ans, Kore-Ede Hirokazu signait Nobody Knows, film bouleversant sur l’enfance. Brossant le portrait de deux frères séparés, I Wish revient aujourd’hui sur le même terrain.
Au Japon, sur l’île de Kyushu, deux frères sont séparés après le divorce de leurs parents. L’aîné, Koichi, âgé de 12 ans, part vivre avec sa mère chez ses grands-parents au sud de l’île, tout près de l’inquiétant volcan Sakurajima. Son petit frère, Ryunosuke, est resté avec son père, guitariste rock, au nord de l’île. Koichi souhaite par-dessus tout que sa famille soit à nouveau réunie – même si cela doit passer par l’éruption dévastatrice du volcan!
Lorsqu’un nouveau TGV relie enfin les 2 régions, Koichi et son jeune frère organisent clandestinement un voyage avec quelques amis jusqu’au point de croisement des trains, où un miracle pourrait, dit-on, se produire… Verront-ils se réaliser leurs vœux secrets?

Hanezu, l’esprit des montagnes

De Naomi Kawase, Japon 2011, durée 1h31

Dans l’antique Région de Nara, berceau du Japon, la jolie Kayoko (Hako Oshima) vit avec un publicitaire souvent absent Tetsuya ( Tetsuya Akikawa). Artiste et artisane, elle extrait de la couleur des fleurs, dont la couleur pourpre (une des traductions possibles d’Hanezu). Souvent seule, elle retrouve un ami d’enfance, Takumi (Tohta Komizu) qui vit très simplement, sans eau, sans électricité et sculpte des objets un peu magiques, en accord avec la nature. Kayoko tombe amoureuse et le trio ressuscite la lutte immémoriale de deux hommes pour une femme.

Inspirée par le Manyoshu (recueil de dix mille feuilles) compilation de près de 5 000 poèmes japonais des 4e au 8e siècles, Hanezu oppose la vie matérielle de Kayoko et Tesuya (canari en cage, confort et solitudes modernes) et la vie naturelle de l’artiste Takumi (nid naturellement incrusté dans sa masure-atelier, pas de confort moderne et spiritualité). Perdue entre deux hommes, Kayoko renoue avec sa sensualité et avec la nature, comme habitée et malgré elle. Des images symboliques et les personnages en situation sont rehaussés par des vers antiques répétés. Et l’on trouve dans Hanezu une version apaisée, spirituelle et contemporaine, des affres éternelles des amants retrouvés.

Et maintenant, on va où?

Nadine Labaki

Sur le chemin qui mène au cimetière du village, une procession de femmes en noir affronte la chaleur du soleil, serrant contre elles les photos de leurs époux, leurs pères ou leurs fils. Certaines portent le voile, d’autres une croix, mais toutes partagent le même deuil, conséquence d’une guerre funeste et inutile. Arrivé à l’entrée du cimetière, le cortège se sépare en deux: l’un musulman, l’autre chrétien.
Avec pour toile de fond un pays déchiré par la guerre, Et maintenant on va où? raconte la détermination sans faille d’un groupe de femmes de toutes religions, à protéger leur famille et leur village des menaces extérieures. Faisant preuve d’une grande ingéniosité, inventant de drôles de stratagèmes, unies par une amitié indéfectible, les femmes n’auront qu’un objectif: distraire l’attention des hommes et leur faire oublier leur colère et leur différence. Mais quand les événements prendront un tour tragique, jusqu’où seront-elles prêtes à aller pour éviter de perdre ceux qui restent?

Il était une fois en Antatolie

Un film de Nuri Bilge Ceylan, Turquie 2011

Dans le noir, au loin, de petites lueurs apparaissent. Quelques secondes et on s’aperçoit qu’il s’agit d’une colonne de trois voitures. Policiers, gendarmes et procureur sont à la recherche du corps d’une victime d’un meurtre. Plusieurs haltes, plusieurs explorations seront nécessaires pour enfin trouver le cadavre dans un petit matin blême. Le temps pour le spectateur de faire connaissance avec les membres de ce cortège officiel: commissaire, procureur, médecin, plus ou moins loquaces sur leurs vies et leurs drames personnels. Il suffit à Nuri Bilge Ceylan de quelques phrases, de quelques plans même pas rapprochés, pour que ses personnages prennent corps et nous révèlent tout de leurs vies. Il était une fois en Anatolie représente une magistrale mise en scène de la comédie humaine, turque sûrement, universelle, tout aussi bien.

Silent Souls - Ovsyanki

Film de Aleksei Fedorchenko - Russie 2010

Miro demande à son ami Aïst de l’aider à inhumer Tanya, sa femme qui vient de mourir. Il veut  procéder selon la tradition millénaire des Mériens: en brûlant le corps dans un lieu sacré, sur la rive de la grande rivière où seront ensuite dispersées les cendres de la défunte, refermant ainsi le cycle de la vie. Après avoir eux-mêmes accompli ses ablutions, les deux hommes accompagneront Tanya dans son dernier voyage pendant lequel les souvenirs la feront vivre une dernière fois. Le jeune réalisateur Aleksei Fedorchenko compose une poésie élégiaque qui rend hommage à une culture qui persiste et continue de vivre dans un coin perdu aux abords de la Volga. Ovsyanki (Ames silencieuses), dont le dépouillement extrême ne peut que susciter l’émotion, nous emporte dans un périple, à la fois géographique et temporel, bouleversant de beauté.

“Une séparation” (Jodaeiye Nader az Simin)

Film d’Asghar Farhadi, Iran 2011
avec Leila Hatami, Peyman Moadi, Shahab Hosseini, Sareh Bayat

"Nader et Simin, une séparation" raconte l'histoire d'un couple en crise et sa plongée dans un engrenage judiciaire après une fausse couche de la garde-malade qui s'occupait à leur domicile du grand-père atteint de la maladie d'Alzheimer.

Le film a été récompensé par trois prix majeurs lors de la cérémonie de clôture de la 61e édition du festival international de Berlin 2011:
Ours d’or du meilleur film pour le réalisateur Asghar Farhadi
Ours d’argent de la meilleure actrice à l'ensemble des actrices du film
Ours d’argent du meilleur acteur à l'ensemble des acteurs du film

www.trigon-film.org/fr/movies/Nader_And_Simin

Le Voleur de lumière (Svet Ake)

d’Aktan Akym Kubat
(Kirghizistan/France/Allemagne/Pays-Bas, 2010, durée: 01h20

Monsieur Lumière est un électricien qui vit avec son épouse et ses quatre filles dans un village perdu au milieu des montagnes Kirghizes. Il entretient les lignes, trafique parfois les compteurs pour venir en aide aux plus démunis. Coeur ouvert et généreux, il écoute, conseille, conforte les peines et tempère les disputes conjugales de ces villageois oubliés par la civilisation moderne.

Il a un rêve: construire sur les montagnes des éoliennes pour alimenter toute la vallée en électricité.

Mais il va devoir faire face à des hommes puissants et corrompus qui sont les nouveaux maîtres du pays. On craint parfois la lenteur des films venus d’Asie centrale, mais rien de tel dans ce film pour affronter ses grands thèmes: la disparition de l’ordre ancien, la mondialisation et la corruption rampante. Le Voleur de lumière développe ainsi une fable qui vaut pour le pays entier et au- delà.

Women Without Men (Zanan-e bedun-e mardan)

de Shirin Neshat, 2009

La cinéaste est resté fidèle au roman d’origine de Shahrnoush Parsipour (1990). Ella a gardé un “réalisme magique” et la structure éclatée de plusieurs récits distincts qui vont converger, mais est un peu plus explicite sur le contexte historique. L’action se déroule en 1953 sur fond de troubles politiques qui ramenèrent le Shah au pouvoir après une très courte parenthèse démocratique du gouvernement Mossadegh. Les trajectoires des quatre femmes, plus actuelles que jamais,  peuvent dérouter et hanter durablement le spectateur. D’un côté le film épate par une critique frontale du machisme, de l’autre côté par un surréalisme de conte oriental. La force poétique de la mise en scène rend ce film des plus fascinants.

Frontier Blues

(Dastanhayeh marzi) de Babak Jalali, Iran/GB/Italie, 2009

Frontier Blues est le premier long métrage tout en nuance, délicatesse et tendresse du réalisateur iranien Babak Jalali. A la frontière entre l’Iran et le Turkménistan se trouve la province du Golestan. quatre habitants s’y côtoient, Alam, 28 ans, turque, élève des poulets et rêve d’aller vivre à Bakou avec Ana, son amoureuse. Son père vend des vêtements qui ne sont jamais à la bonne taille. Hassan, du même âge, vit seul avec son oncle, sa mère étant partie vivre à Paris. Son seul ami est un âne.

Il y règne une résignation tranquille, qui n’empêche pas certains d’espérer encore. Dans ce cinéma d'inaction, c'est le style qui compte. Par bonheur, celui de Babak Jalali est une savante alchimie de distance ironique et d'empathie évidente. Jamais trop aride, jamais trop systématique. Un air mélancolique et l'émotion décolle, un accès de colère ou de désespoir, et on sent que ces gens-là sont au fond bien comme nous.

Departure

Un film de Yojiro Takita (Japon), 2h10

L'histoire se passe dans une province rurale du nord du Japon, Yamagata, où Daigo Kobayashi retourne avec son épouse, après l'éclatement de l'orchestre dans lequel il jouait depuis des années à Tokyo. Daigo répond à une annonce pour un emploi "d'aide aux départs", imaginant avoir affaire à une agence de voyages. L'ancien violoncelliste s'aperçoit qu'il s'agit en réalité d'une entreprise de pompes funèbres, mais accepte l'emploi par nécessité financière. Plongé dans ce monde peu connu, il va découvrir les rites funéraires, tout en cachant à sa femme sa nouvelle activité, en grande partie taboue au Japon.

Tulpan

Un film de Sergei Dvortsevoj (Kazakhstan), 1 h 43

Tulpan est la seule fille à marier dans toute la steppe kazakh… Lorsqu’Asa rentre de son service chez les marines, le mari de sa sœur entreprend les démarches pour unir les deux jeunes, surtout pour ne pas avoir à héberger le beauf trop longtemps… Mais voilà, la belle Tulpan s’horripile devant les oreilles de son prétendant et refuse l’union. Asa s’obstine pourtant à poursuivre son rêve: une vie simple, une yourte sous les étoiles, un troupeau de moutons à mener, une jolie femme à aimer… Mais les directives du clan sont claires: pas de femme, pas de moutons.

Night Train

Un film de Yinan Diao, Drame, V.R. China 2007

Hongyan travaille dans un tribunal, comme flic et bourreau, où elle n'exécute que les femmes condamnées à mort. Régulièrement, elle prend le train pour participer à des soirées organisées par une agence matrimoniale. En quête du grand amour, sa vie affective reste désespérément sordide, jusqu'au jour où elle rencontre le mystérieux Li Jiun. Elle est alors loin d'imaginer le lien qui unissait cet homme à la dernière femme qu'elle a exécutée.

Yinan Diao élabore un film esthétique dont l'intérêt est avant tout suscité par le lien tragique qui lie Hongyan et Li Jiun et par la somptuosité du décor: les Trois Gorges, les raffineries, le ciel immense.

Un nom pour un autre - "The Namesake"

Un film de Mira Nair, Drame/Comédie/Romance, Inde, États-Unis 2006
Le film est une adaptation du roman best-seller de Jhumpa Lahiri.

Peu de temps après leur mariage arrangé, Ashoke et Ashima quittent Calcutta pour New York. Etrangers l'un à l'autre comme à ce nouveau pays, ils s'efforcent de s'adapter. Ashima donne bientôt naissance à un fils qu'Ashoke baptise du nom du célèbre auteur russe, Gogol. Jeune Américain de la première génération, Gogol doit se forger sa propre identité entre ses racines bengalies et sa nationalité américaine. Attiré par le mode de vie qui fait son quotidien, il rejette ses origines et fréquente une jeune Américaine. De leur côté, Ashoke et Ashima s'accrochent à leurs traditions...
Pour Gogol, chaque situation provoque un choc entre les deux cultures dont il est issu, mais au-delà de ce que cela engendre de drôle ou de douloureux, le jeune homme finira par dépasser tout ce qui sépare pour découvrir ce qui réunit...

La cité interdite

Un film de Yimou Zhang, Drame / Action / Romance Chine/Hong Kong, 2006

En défiant l'Empereur, une femme va changer le cours de l'Histoire

Chine, Xe siècle, Dynastie Tang. De retour à la Cité interdite après une longue absence, l'Empereur découvre qu'un complot se trame au coeur même de son palais. Les dangereuses alliances et les manipulations des conspirateurs n'ont qu'un seul but: prendre le pouvoir du plus grand Empire au monde. La trahison viendra de l'intérieur: une rébellion menée par la reine elle-même.

Be With Me

Un film de Eric Khoo, Singapur 2005

Be With Me est constitué de trois histoires tissues autour de l'amour, de l'espoir et du destin. Bien que les personnages principaux viennent d'horizons divers, ils rèvent tous de vivre avec l'être aimé. La première histoire évoque un commerçant vieillissant aux prises avec la solitude. Au moment où il va abandonner tout espoir, il tombe sur une autobiographie qui change sa vie. La deuxième histoire décrit la vie ordinaire d'un agent de sécurité quinquagénaire qui a deux amours dans la vie: la gastronomie et une femme, cadre supérieure pleine d'ambition, qui travaille dans le même immeuble que lui. S'il s'adonne à sa première passion avec ferveur, la seconde, hélas, il ne peut que l'admirer de loin. Il décide de combler ce fossé en lui écrivant une lettre. La troisième histoire est la chronique douce-amère d'une idylle adolescente entre deux filles. Sans se connaître, ces différentes personnes vont se retrouver sur une même scène qui aborde les thèmes de l'amour, de la tragédie et de la rédemption. Tous les personnages du film sont fictifs à l'exception de Theresa Chan. Sourde et aveugle depuis l'âge de 14 ans, et aujourd'hui âgée de 61 ans, cette femme étonnante a vaincu ses handicaps et mêne une vie incroyable. Elle est la figure phare du film, le symbole de la force et de l'espoir.

Umoregi - La forêt oubliée

Un film de Kohei Oguri, Japon 2005

Ce film de Kohei Oguri, présenté à la Quinzaine des réalisateurs 2005, est un éloge discret à la valeur du passé. Le besoin de se souvenir, de garder la mémoire, que ce soit au travers de récits, de contes que les générations se transmettent, est ici mis en avant en permanence. Les personnages, comme cette vieille dame dont le conseil de famille a voté le départ en maison de retraite, ou les lieux, comme la forêt pétrifiée, sont eux aussi des témoins, des empreintes, de ce passé que d'irrespectueux adultes voudraient mettre de côté et oublier.
Le film, dans son traitement, mêle le conte imaginaire à la réalité, jusqu'à la confusion, ceci par un montage habile. Les diverses histoires finissent ici aussi par se rejoindre, en de belles scènes poétiques. On appréciera particulièrement la fin du film, centrée sur un festival prenant place dans la fameuse forêt pétrifiée qui donne indirectement son titre au film. Ce décors aux aspects lunaires, à la limite du réel, est à lui seul facteur d'une poésie que l'on vous laissera apprécier.

Mistress of Spices

Romance, Drame

Un film de Paul M. Berges & Gurinder Chadha, Angleterre, 2006

Tilo, une jeune indienne qui vit à San Francisco, gère une petite boutique d'épices. De drôles d'épices magiques qui ont la faculté de guérir tous les maux. Pour que ces épices soient efficaces, elle ne doit jamais sortir de sa boutique, ne doit jamais toucher un être humain et ne doit jamais tomber amoureuse. Mais un jour... elle tombe amoureuse d'un Américain ayant passé le pas de sa porte.

Krrish

Comédie dramatique
Un film de Rakesh Roshan, Inde, 2006

Krishna est né avec les mêmes pouvoirs magiques que son père, Rohit Mehra. Amoureux de Priya, il la suit à Singapour. Sur place, il fait la connaissance du Dr. Siddhant Arya, un scientifique mégalomane dont il doit déjouer les rêves destructeurs.

Dreaming Lhasa

Regie von Ritu Sarin, Tenzing Sonam, Indien/Grossbritannien, 2005

Karma (Tenzin Chokyi Gyatso), une metteuse en scène d'origine tibétaine habitant New York, part pour Dharamsala, petite ville au pied de l' Himalaya.

C'est ici qu'elle tourne son film sur d'anciens prisonniers politiques qui ont fuit le Tibet. Un film qui met en valeur des histoires sur le courage, sur la souffrance et sur la compréhention culturelle.

Hors jeu

Un film de Jafar Panahi, Iran 2005

Quel est ce singulier garçon, assis dans un coin du bus roulant vers le stade, qui garde le silence alors qu'autour de lui tous les fans vocifèrent? En y regardant de plus près, on voit que ce n'est pas un garçon mais une fille qui s'est déguisée. Elle n'est pas la seule Iranienne qui soit fan de football. Les fans féminins sont en nombre croissant, dans ce pays aussi. Toutefois, avant le début du match, elle est arrêtée à un poste de contrôle et emmenée dans un enclos proche du stade où elle retrouve beaucoup de ses compagnes d'infortune, tout un groupe de femmes qui se sont déguisées en hommes. Après le match, c'est la brigade des moeurs qui décidera de leur sort.
Ramassé et divertissant, « Offside » n'en reste pas moins singulièrement anecdotique, surtout de la part d'un réalisateur qui avait su livrer une vision autrement plus cinglante des inégalités de la société iranienne, notamment dans « Sang et Or » (2003). Ici, la ferveur du football parvient, le temps d'une soirée bruyante et mouvementée, à éliminer les antagonismes. Faut-il estimer qu'une fois encore, il ne nous est donné que la possibilité de s'en réjouir?
(Source: www.arte-tv.com; Julien Welter)

Kekexili - Mountain Patrol

Un film de Chuan Lu, Chine, 2005

Lorsque Ga Yu, jeune journaliste de Pékin arrive dans le camps de la patrouille de Kekexili, les habitants sont en deuil: deux de leurs leaders ont perdu la vie en luttant contre les braconniers. Déterminé à démasquer les responsables du crime ainsi que du massacre des antilopes, il accompagne le chef Ritai et ses hommes jusqu'au plus haut plateau du Qinghai-Tibet. La patrouille avance péniblement de jour en jour, suivant les cadavres d'antilopes, seules traces des braconniers fantômes. Lorsqu'un convoi est enfin débusqué, il s'engage une longue poursuite de l'ennemi mais surtout une terrible lutte contre la neige et le froid. Après 17 jours de drame, Ga Yu ne pourra plus se contenter d'être un journaliste témoin et devra participer au combat tant physique qu'éthique pour sauver sa vie et celle des patrouilleurs.

Season of the Horse - Ji Feng Zhong De Ma

Un film de Cai Ning, Chine, 2005

Les bergers mongoles, un jour un symbole fier d'une culture nomade ancestrale sont aujourd'hui mêlés à une lutte amère pour maintenir leur existence traditionnelle. Parmi eux, Wurgen, qui cherche des issues alors que la sécheresse englouti les steppes et que la civilisation et ses lois, ses règles et ses fils barbelés les envahit. Il ne peut plus faire paître toutes ses bêtes pour entretenir sa femme, leur enfant et leur précieux cheval. Emménager en ville comme tant d'autres n'est pas envisageable pour lui. Il prend part à un conflit avec des amis, des voisins et des autorités et, lorsque sa femme lui mets la pression pour gagner de l?argent afin que leur fils puisse aller à l'école, le berger fier refuse: il préférerait mourir que de vendre des yoghourt au bord des routes et se débarrasser de sa fidèle monture. Mais le destin de Wurgen n'est plus dans ses propres mains.

Le célère acteur chinois Ning Cai, qui fait ses premiers pas de réalisateur avec Season of the horse, joue lui-même le rôle tragique du berger. Na Renhua, accessoirement productrice, est également convaincante dans le portrait de la femme pragmatique. Elle capture magnifiquement l'angle de la femme sans éducation luttant pour le maintient de l'unité de sa famille. Elle interprète Yingjidma avec beaucoup de détermination tout en restant vulnérable, ne se rebellant pas contre le statut difficile de femme de berger mais luttant simplement pour la survie par tous les moyens.
Ning décrit magnifiquement les effets destructeurs de la modernisation et de la sécheresse sur les modes de vies traditionnels des immenses steppes asiatiques mais ne fait pas dans le sentimental dans ce drame classique de déclin. Un requiem pour un mode de vie.

Saratan

Un film de Ernest Abdyjaparov, Kirghizistan, 2005

Dans son premier long métrage de fiction, Ernest Abdyjaparov nous plonge dans l'atmosphère d'un petit village kirghiz qui sert de métaphore à la situation qui règne dans le pays, une dizaine d'années après la chute de l'Union Soviétique. L'argent fait gravement défaut et chacun se débrouille comme il peut pour s'en sortir. Sur un ton tragi-comique, l'histoire nous raconte comment le personnages de ce microcosme gèrent la situation entre politique et religion, tradition et modernité. Le communisme trouve encore partisans et Taschmat, le voleur de bétail, est régulièrement en virée, avec à ses trousses le policer du village. Tout cela n'a plus grand-chose à voir avec la justice, tous les villageois s'en rendent bien compte et ils présentent régulièrement leurs doléances à l'administrateur du village. Leur foi en des jours meilleurs est précaire, tout comme leur foi en un dieu équitable. Qu'il s'appelle d'ailleurs Allah ou Jéhovah, eux préfèrent s'adonner aux plaisirs d'ici-bas. Mais la vie quotidienne suit son cours en dépit de la nostalgie et des plaintes.

«Le récit s'articule autour de la destinée du peuple kirghiz après l'effondrement de l'empire soviétique et l'indépendance qui en a résulté pour le Kirghizistan. Alors que personne ne s'y attendait, les mécanismes de la centralisation étatique soudain cessent de fonctionner. Le héros de l'histoire, c'est bien sûr le peuple kirghiz lui-même, et c'est lui qui en fait les frais avant de trouver une issue au problème. Sans doute seuls l'humour et l'autodérision permettent-ils de comprendre et d'appréhender toute la force des images tristes qu'offre la vie quotidienne; un humour qui se situe dès lors au-delà du rire, puisqu'il découle directement de l'absurdité de la situation.»

Ernest Abdyjaparov

Les poignards volants

de Zhang Yimou

En 859, l'Empire du Milieu de la dynastie Tang décline, et le gouvernement corrompu peine à lutter contre les groupes de rebelles qui se dressent contre lui. Parmi ceux-ci, la Maison des poignards volants, la plus puissante de tous. Leo et Jin, deux capitaines se voient confier la mission de capturer le chef des rebelles. Pour gagner la confiance de Mei, la fille de l'ancien meneur, Jin se fait passer pour un guerrier solitaire et l'escorte vers le quartier général du groupuscule. Mais l'amour et la mort marchent déjà à leur rencontre.

Le nouveau film de Zhang Yimou, projeté hors compétition à Cannes cette année, emprunte les chemins du film de sabre, très en vogue ces derniers temps. Sur une trame classique, le réalisateur d'Adieu ma concubine réalise un très beau film d'action, d'un esthétisme achevé, dans la lignée de Héros.

The Twilight Samurai

de Yoji Yamada

Avec “The Twilight Samuraï”, une fiction primée à au festival de films de Berlin 2003, c'est un nouveau film de samouraï qui arrive sur nos écrans. Profondément enracinée dans la culture japonaise, l'histoire cultive le genre au meilleur sens du terme en enrichissant l'image du guerrier solitaire de celle de l'amant sensible et du bon père.

Iguchi Seibei est un samouraï vivant dans des conditions plutôt misérables, las d'une existence où seul le combat semble donner sens à la vie. Le jeune veuf désire enfin se réaliser comme père et se consacrer à ses filles. Il tombe de nouveau amoureux, convaincu qu'il y a dans la vie des choses bien plus sérieuses que la volonté de puissance, le pouvoir et la guerre. Un jour, il rencontre Tomonojo, un ami d'enfance, qui lui parle de sa sœur, Tomoe, mariée autrefois à un ivrogne, mais qui habite aujourd'hui chez lui. Le lendemain, Tomoe rend visite à l'ami de son frère. Alors que Seibei propose de la raccompagner chez elle, ils tombent sur son ex-mari, qui cherche à faire valoir ses droits. Dans l'inévitable duel qui suit, Seibei abat le mari jaloux avec pour seule arme un bâton. Pourra-t-il dorénavant vivre tranquillement en bon père de famille?

Le serviteur de Kali

de Adoor Gopalakrishnan

Kaliyappan est le bourreau professionel de la principauté de Travancore. Il réside à la frontière d'un petit village situé dans les paysages somptueux du Kerala, car le bourreau doit avoir aucune relation avec les personnes susceptibles d'être jugées. Depuis des générations la famille de Kaliyappan vit des privilèges que lui accorde le Maharadjah après chaque exécution. Mais ces privilèges se font de plus en plus rares. Et le vieux bourreau est fatigué d'accomplir une besogne devenue malédiction.

Voyageurs et magiciens

de Khyentse Norbu

Pour Dondup, il n'est pas question de passer le reste de sa vie comme fonctionnaire dans ce minuscule village des montagnes du Bouthan. Il rêve de partir faire fortune aux Etats-Unis. Pour cela, il ne lui manque qu'un visa, qu'il doit aller chercher dans une lointaine grande ville. Contraint de s'y rendre à pied, Dondup chemine avec un vendeur de pommes et un moine qui, jour après jour, lui conte l'histoire de Tashi, un jeune fermier qui, lui aussi, voulait coûte que coûte changer sa vie, mais qui vit ses plans modifiés par une rencontre amoureuse... Voyageurs et magiciens est le premier long métrage entièrement produit et réalisé au Bouthan, un petit royaume préservé situé au cœur de l'Himalaya, à la frontière sud du Tibet. Le titre du film sonne comme le titre d'un conte et c'est de cela qu'il s'agit. Une quête imaginaire où ce qu'on recherche nous ramène inexorablement là d'où l'on est parti, où la musique est aérienne, spirituelle, comme la récitation des sutras, sobre et limpide. Un film à la croisée des chemins de voyageurs, où "l'on ne peut aller plus loin", mais où l'on n'en a pas besoin.

Eureka

de Aoyama Shinji

A Kyushu, au sud-ouest du Japon, une sanglante prise d'otages dans un bus municipal épargne le chauffeur, Makoto, une écolière, Kozue, et son frère aîné, Naoki. Traumatisé, Makoto disparaît. Les deux enfants s'enferment dans le silence. Deux ans plus tard, ils se retrouvent seuls, leur mère ayant divorcé et leur père étant décédé dans un accident de voiture. Makoto refait alors son apparition et s'installe dans la maison familiale des deux enfants. Leur cousin, Akihiko les rejoint. Makoto, soupçonné par la police d'avoir tué une femme, achète un bus d'occasion et l'aménage en camping-car. Il invite Kozue, Naoki et Akihiko à partir dans un voyage de résurrection où ils pourront faire face à l'horreur de leur expérience commune, reconstruire leur vie et se libérer du passé. Présenté au Festival de Cannes 2000, Eureka a remporté le prix de la critique internationale et le 26ème grand prix du jury oecuménique.

Printemps, été, automne, hiver... et printemps

de Kim Ki-Duk

Un vieux moine partage sa solitude avec un enfant. Le temple dans lequel ils vivent est posé sur l'étang de Jusan, situé en pleine nature, au milieu d'un lac entouré de montagnes. Le rythme des saisons accompagne les cycles de la vie du jeune disciple. Au printemps arrive la perte de l'innocence. Il connaît en été la passion qui consume l'esprit et les sens. En automne, il découvre la jalousie et les pulsions destructrices qu'elle déclenche. L'hiver est la saison de la rédemption et de l'expérience. Et, quand le printemps est de retour, le disciple est devenu un maître à son tour... Très applaudi lors de sa présentation en 2003 au Festival de Locarno, Printemps, été, automne, hiver... et printemps y a récolté 4 prix. La même année, le film décrochait le Prix du public au Festival de San Sebastian.

Sang et or

de Jafar Panahi

A Téhéran, Hussein abat le propriétaire d'une bijouterie d'un coup de revolver avant de retourner l'arme contre lui. Quelques jours plus tôt... Ce modeste livreur de pizzas s'extasie devant un sac rempli de billets de banque trouvé par son ami Ali. L'espace d'une nuit, Hussein va connaître la vie de luxe que son salaire de misère ne pourrait jamais le laisser entrevoir. Au matin, il retourne à la bijouterie. Sur un scénario de Kiarostami (inspiré d'un fait divers), le cinéaste iranien Jafar Panahi, observateur hors-pair de l'Iran actuel, signe là un film époustouflant, bien que très sombre.

Last Life in the Universe

de Pen-ek Ratanaruang

Japonais installé à Bangkok, Kenji mène une vie solitaire, seulement ponctuée par son travail routinier de bibliothécaire et ses multiples et infructueuses tentatives de suicide. Un soir, son frère fait irruption chez lui, accompagné d'un autre homme. Soudain, l'intrus tire à bout portant sur son compagnon. Menacé à son tour, Kenji a juste le temps de s'emparer d'un revolver et d'abattre l'assassin de son frère. Fuyant à travers la nuit, Kenji croise Noi, une jeune prostituée dont la sœur vient d'être tuée dans un accident de voiture. Alors que tout les sépare, ces deux êtres déboussolés vont apprendre à se connaître et, peut-être à s'aimer… Singapour, le Japon, la France et les Pays-Bas ont participé ensemble à la production de ce quatrième film du réalisateur Pen-ek Ratanaruang.

Le cerf-volant

de Randa Chahal Sabbag

Lamia a 16 ans. Elle vit dans un village coupé en deux depuis quelques années par un no-man's land, une frontière large de quelques centaines de mètres, gardée par des miradors et entourée de barbelés. Séparées, les familles prennent des nouvelles les unes des autres par mégaphone, inondant du même coup les collines avoisinantes d'un climat d'étrange et paradoxale intimité. Ici, un village de montagne du Sud-Liban, où les femmes restent à la cuisine, les jeunes filles ignorent tout de la sexualité, et où les enfants jouent au Cerf-Volant. En face, Israël, pays occidentalisé, riche, urbain, pourvu en télévision, baskets, gameboy et piscine. Là-bas vit le cousin à qui on a promis de donner Lamia en mariage, dès qu'elle aura atteint la puberté... Le Cerf-Volant aurait pu être un film de plus sur l'horreur de la guerre et la difficulté de vivre au Moyen-Orient. Bien au contraire, ce film, Lion d'Argent à Venise, propose, une réflexion approfondie sur la notion de frontière.

Khamosh Pani

de Sabiha Sumar

A travers les yeux d'une “mère courage”, ce film raconte la montée de l'intégrisme religieux dans le Pakistan de 1979, soumis au régime du Général Zia. Lorsque son fils décide de rejoindre un groupe de jeunes musulmans exaltés et haineux, la jeune veuve est happée par l'Histoire, ce puits sans fond et qui se répète sans cesse. Des flash-backs exposent les souvenirs terrifiants de cette femme, deux fois victime: la première au moment de la partition meurtrière de 1947 entre l'Inde et le Pakistan, la seconde à cause du fanatisme de ce fils incarnant la difficile réconciliation entre sikhs et musulmans. Ce film a reçu le Léopard d'or au festival de Locarno 2003, et le prix d'interprétation féminine pour l'actrice Kirron Kher.

Osama

de Siddiq Barmak

Une petite fille de douze ans, sa mère et un jeune garçon ont survécu aux répressions qui ont suivi les manifestations organisées par les femmes afghanes au début du régime taliban. Les deux femmes travaillent dans un hôpital, mais sont informées que les nouveaux dirigeants ont renvoyé tout le personnel et fermé les portes de l'établissement. Ces derniers s'assurent qu'aucune femme ne peut désormais s'aventurer hors de sa maison sans compagnon "légal". Dans le cas contraire, elles seront sévèrement punies. Le mari et le fils étant décédés, personne ne peut servir de "caution" à la famille, et la mère, poussée par le chômage, décide avec la grand-mère de changer l'apparence de sa fille: désormais, ce sera un garçon. La décision terrifie la fillette, angoissée que sa véritable identité ne soit reconnue par les talibans. Ce film a été salué lors du dernier Festival de Cannes, notamment en obtenant une mention spéciale dans la catégorie Caméra d'or. Siddiq Barmak a aussi reçu le Prix de l'Association Française des Cinémas d'Art et d'Essai, ainsi que la médaille Fellini de l'Unesco.

Femmes en miroir

de Kiju Yoshida

Film de femmes, “Femmes en miroir” est aussi le film d'un pays traumatisé par la bombe atomique qui a dévasté Hiroshima en août 1945. Au centre du récit, Aï, une mère partie à la recherche de sa fille disparue vingt ans auparavant, après la naissance de la petite Natsuki. Au début du film, elle croit la retrouver en la personne d'une énigmatique caissière, Masuko. Amnésique, la jeune femme se révèle incapable de se remémorer son passé à l'exception d'une chambre d'hôpital à Hiroshima. Dans le même temps, une journaliste contacte Aï pour obtenir son témoignage sur les événements d'août 1945 et sur un mystérieux soldat américain irradié. Les trois femmes décident alors de revenir àsur les lieux du drame pour tenter de démêler les fils de leur passé.

L'enfant au violon (Together)

de Chen Kaige

A 13 ans, le jeune violoniste Xiao Chun est déjà considéré comme un virtuose, pour la plus grande fierté de son père, Liu Cheng, qui décide de l'emmener à Beijing (Pékin) tenter sa chance dans des concours. Pour le garçon, la capitale est fascinante, mais pas autant que la belle Lili, une jeune femme entretenue à côté de chez qui il s'installe avec son père. Pour payer les leçons de son fils, Liu Cheng accumule les petits boulots et sacrifie toutes ses économies. Deux professeurs vont prendre en charge Xiao Chun: M. Jiang, qui lui apprend à jouer en exprimant ses émotions, et M. Yu, qui souhaite le mener à une carrière internationale... Au-delà de son apprentissage, c'est la vie que Xiao Chun découvre. Entre son amitié pour Lili, l'affection qui le lie à son père, son violon et ses professeurs, il avance rapidement et va devoir choisir ce que sera sa vie.

Deux anges

de Mamad Haghighat

Ali est un jeune adolescent qui, un jour, découvre la passion de la musique grâce à un berger qui jouait du nêy. Mais son père, un homme très pieux, veut à tout prix remettre son fils dans le droit chemin. Malgré cela, Ali se rend à Téhéran dans le but de s'inscrire à une Ecole de Musique où il rencontrera Azar, un jeune fille dont le père écrit un livre sur les anges.

Mamad Haghighat est connu en France pour avoir organisé un festival de films iraniens à Paris et écrit actuellement un livre sur l'histoire de cinéma iranien. “Deux Anges” est son premier long métrage. Un film qui s'apparente au conte et à un hymne aux arts et à la liberté.

Zatoichi

de Takeshi Kitano

Ce film marque l'entrée du réalisateur japonais Takeshi Kitano dans un nouveau genre: le film de sabre. Au Japon, au XIXe siècle, Zatôichi est un voyageur aveugle gagnant sa vie comme joueur professionnel et masseur. Mais derrière son humble apparence, il est un redoutable combattant, rapide comme l'éclair et dont les coups s'avèrent d'une stupéfiante précision. Alors qu'il traverse la montagne, il découvre une petite ville entièrement sous la coupe d'un gang. Son chef, Ginzo, se débarrasse de tous ceux qui osent se dresser sur son chemin, d'autant plus efficacement qu'il a engagé un redoutable samouraï ronin, Hattori. Dans un tripot, Zatôichi rencontre deux geishas, aussi dangereuses que belles. Okinu et sa soeur Osei vont de ville en ville à la recherche du meurtrier de leurs parents. Elles possèdent pour seul indice un nom mystérieux: Kuchinawa. Dès que les hommes de main de Ginzo croisent Zatôichi, l'affrontement est inévitable et sa légendaire canne-épée rentre en action.

A cinq heures de l'après-midi

de Samira Makhmalbaf

"A cinq heures de l'après-midi" débute de manière prometteuse, dans une école pour femmes qui vient d'ouvrir ses portes à Kaboul après la chute des Talibans. On y découvre le trio au centre du film: un vieil homme symbole de l'islam intégriste; sa bru, mère d'un bébé mourant; et sa fille, Nogreh, une jeune étudiante qui change de chaussures avant d'aller à l'école, et rêve d'émancipation. Epaulée par un poète amoureux d'elle, cette dernière se met en tête de devenir la présidente d'un pays en plein chaos, afin de réformer le statut de la femme afghane. Le dernier film de Samira Makhmalbaf se veut un poème bouleversant au message simple et privilégie une dérive poétique où apparaissent, toujours magnifiquement filmés, une épave d'avion ou un palais en ruine.

Blue Gate Crossing

de Yee Chih-Yen

Kerou, 17 ans, est une lycéenne rêveuse, qui doute d'elle-même et regrette l'insouciance de l'enfance. Shihao, champion de natation, est la coqueluche du lycée. Comme beaucoup d'autres filles, Yuezhen, la meilleure amie de Kerou, en est folle amoureuse. Shihao, quant à lui, est très attiré par Kerou dont le comportement l'intrigue. Un jour, Kerou le rejoint à l'entraînement et là, elle se décide à parler. Ce qu'elle lui révèle va le bouleverser et les deux adolescents vont ensemble goûter aux plaisirs de l'âge adulte.

Mari Iyagi

de Sung-Gang Lee

Présenté en compétition officielle lors du Festival d'Annecy 2002, Mari Iyagi y a obtenu la plus haute récompense, le Grand Prix, très reconnu dans le monde de l'animation.
A Séoul, de nos jours, Nam-woo, un jeune employé de bureau, retrouve Joon-ho, son ami d'enfance. Ce dernier lui annonce son départ pour trois ans à la suite d'une mutation professionnelle. Sur le quai de la gare, Joon-ho lui remet un objet qu'il a retrouvé en faisant ses valises; c'est alors que Nam-woo se souvient de leur enfance, loin de Séoul. Dans le village de pêcheurs qui les a vus grandir, les journées s'écoulaient entre les jeux d'écoliers, les baignades dans l'océan et les promenades à vélo, scellant à jamais leur amitié. C'est également l'époque de leur rencontre avec la mystérieuse Mari...

Au sud des nuages

de Jean-François Amiguet

Adrien, septante ans, est un roi sur ses terres. De son alpage de Cotter, où il vit seul avec ses vaches, il domine les villages du val d'Hérens, se rit de l'agitation humaine et parle aux étoiles. Valaisan têtu et dur à cuir, grand braconnier devant l'Eternel, rebelle par principe, l'oeil droit, la parole rare mais péremptoire, il est à la fois craint et respecté - dans la vallée, on l'appelle "Dieu", et il n'est pas loin d'y croire. Il lui faudra un long voyage (jusqu'en Chine!), et bien des surprises, bien des rencontres, et même un bon ange, pour comprendre qu'il n'était roi que parce qu'il était seul, pour renouer avec sa fragilité si longtemps niée, et pour avoir envie, avant qu'il ne soit trop tard, de rejoindre les autres dans leur médiocre, mais si vivante humanité.

Happy Times

de Zhang Yimou

Modeste retraité, Zhao consacre son temps libre à la recherche de l'âme sœur. Ce qu'il aime par dessus tout, ce sont les femmes bien en chair et se prend d'ailleurs d'amour pour une imposante Chinoise. Très portée sur l'argent, cette dernière voit en lui l'occasion rêvée de se faire entretenir et de nourrir son fils obèse et Wu Ying, la fille aveugle de son premier mari. Elle met la pression sur Zhao, qui se retrouve obligé de mentir sur sa situation financière, s'improvisant directeur d'un hôtel de luxe. La réalité est toute autre: il a en fait récupéré un bus abandonné dans un parc public et l'a transformé en repère pour amoureux en mal d'intimité. Malheureusement, le stratagème a fonctionné et la promise de Zhao exige que ce dernier trouve un emploi à Wu Ying au sein de son palace...

Hero

de Zhang Yimou

Le nouveau film du célèbre réalisateur chinois raconte l'une des légendes qui courent par milliers sur la fondation de la dynastie Qin. Il y a deux mille ans de cela, la Chine était divisée en Sept royaumes en lutte pour la suprématie. Celui de Qin était le plus virulent, son roi étant obsédé par la conquête de la Chine et le désir d'en faire un seul et même empire. Les autres royaumes dépêchèrent alors leurs plus redoutables assassins pour l'éliminer. “Lame Brisée”, “Neige” et “Ciel” comptaient parmi les ennemis les plus recherchés. A quiconque anéantirait ces trois assassins, le roi de Qin promit la puissance et la fortune. Durant dix ans, ce dessein resta inachevé et le royaume de Qin ne trouvait pas son héros. Jusqu'au jour où le mystérieux Sans Nom se présenta au palais...

I Love You

de Zhang Yuan

Xiaoju et Yi s'aiment intensément - du moins ils se le disent, surtout elle - et vont se marier rapidement. Peu importe que Xiaoju ait failli se marier précédemment à un ami de Yi. Le caractère enjoué de Xiaoju tourne vite à la provocation maniaque et à l'obsession jalouse. Le calme Yi se recroqueville sur lui-même, ce qui excite la verve de Xiaoju et alimente d'autant la mécanique implacable de la haine. Inspiré du roman de l'écrivain pékinois Wang Shuo, “I love you” explore la relation claustrophobique de ce couple enfermé dans un mariage précipité.

A Peck on the Cheek (Un bisou sur la joue)

de Mani Ratnam

Amudha a grandi dans l'Etat indien du Tamil Nadu et se sent bien, choyée dans sa famille, jusqu'à son neuvième anniversaire du moins. En effet, elle apprend soudain qu'elle est une enfant adoptée. Elle aurait préféré ne rien savoir. Pourtant, aujourd'hui Amudha veut savoir qui sont ses parents biologiques et entend bien partir à leur recherche. Ceux-ci, membres des Tigres tamoules, ont disparu dans la tourmente de la guerre civile qui a ravagé le Sri Lanka. Les parents adoptifs ont, dans un premier temps, cherché à dissuader Amudha de poursuivre son projet. Finalement, ils acceptent de l'accompagner dans ce douloureux voyage.

Shaolin Soccer

de Stephen Chow Sing-Chi

Fung était une légende vivante du football, jusqu'à ce qu'il fasse perdre le championnat à son équipe. Fous de rage, les fans ne le lui ont pas pardonné. Aujourd'hui, Fung s'occupe du matériel de la Team Evil, l'équipe de son ancien partenaire, Hung. Lorsque Fung est renvoyé, il se tourne vers Sing, un moine du célèbre temple Shaolin qui possède des dons extraordinaires en matière d'arts martiaux. Lorsque Fung voit Sing mettre en déroute une bande de voyous avec un simple ballon de football, il a l'ingénieuse idée de créer une équipe de foot Shaolin pour vaincre ses adversaires...

L'arche russe

de Alexander Sokurov

Le jour du grand bal au palais de l'Ermitage, dans la cohue des arrivées, l'Espion déjoue la surveillance des gardes à l'entrée et se faufile à l'intérieur. Il rencontre le marquis de Custine, tout droit sorti du début du XIXe siècle. Les deux compères se lient d'amitié et se lancent dans une traversée des siècles et des styles de peinture: lorsqu'ils parviendront dans la salle du bal, dirigé par le grand chef Valery Gergiev, ils auront croisé les musiciens italiens de la Grande Catherine, la tsarine elle-même, puis de tristes fonctionnaires de la culture soviétique…

Elsewhere

de Nikolaus Geyrhalter

Tout au long de l'an 2000, Nikolaus Geyrhalter et sa petite équipe ont parcouru la planète, effectuant chaque mois en cette dernière année du siècle un tournage dans des lieux lointains et isolés, du Ladakh au Canada, de la Sibérie à la Micronésie, du Sahel au Groenland. Des rencontres éloignées du monde urbain, avec des femmes et des hommes aux traditions et aux langues différentes. L'"ailleurs" est décidément une question de point de vue.

Devdas

de Sanjay Leela Bhansali

Basé sur le roman éponyme écrit en 1917 par Sarat Chandra Chattopadhyay, une oeuvre devenue très populaire en Inde au fil du temps, le film raconte l'histoire d'un amour impossible. Devdas, le fils d'un riche propriétaire, et Paro, la fille d'un modeste voisin, s'aiment passionnément. Malheureusement, le père de Devdas n'accepte pas l'entrée de Parvati dans sa famille en raison des différences de classe sociale. Paro va alors épouser contre son gré un propriétaire plus âgé qu'elle. Devdas, parti à Calcutta, sombre alors dans l'alcoolisme... Baroque et féérique, parfois un peu kitsch, une vraie production de Bollywood.

Forget Baghdad

de Samir

Ce superbe documentaire se penche sur la vie de quatre personnages exceptionnels marqués dans leur jeunesse par l'internationalisme du partie communiste irakien. Parce qu'ils étaient arabes et juifs, ces ils se sont dressés, au début des années cinquante, contre la montée du nationalisme arabe qu'ils avaient, paradoxalement, soutenu par leur engagement politique au service du communisme. Leur exil en Israël leur fit l'effet d'une douche froide. Communistes, ils furent considérés comme des brebis galeuses et traités avec méfiance. Quoique se sentant membres à part entière du monde arabe, ils durent faire l'effort de s'intégrer en assimilant une nouvelle culture.

Un nouveau russe

de Pavel Lounguine

En 1988, Platon Makowski et quatre de ses amis, jeunes et brillants universitaires, abandonnent la science au profit des chemins douteux du business post-soviétique. Dans ce chaos économique, Platon invente avec une facilité déconcertante mille combines à la lisière de la légalité qui l'aident à déjouer l'opposition constante de son pouvoir. Ses premiers pas vers le capitalisme lui permettent d'amasser rapidement une immense fortune.

Dolls

de Takeshi Kitano

Présenté en compétition à la Mostra de Venise 2002, “Dolls” rend hommage au théâtre traditionnel japonais dans un film d'une très grande beauté plastique et d'une extrême lenteur contemplative. Comme dans le théâtre Bunraku, les marionnettes s'échappent pour prendre vie et chair à l'écran. Le film réunit trois histoires, les trois destins de couples liés par des amours éternelles, impossibles et tragiques. Cinq ans après avoir obtenu le Lion d'or à la Mostra de Venise avec “Hana-Bi”, l'acteur et cinéaste japonais Takeshi Kitano est de retour... Une fête pour tous les cinéphiles!

Ivre de femmes et de peinture

de Kwon Taek Im

La vie du peintre "Ohwon" Jang Seung Up, né en 1843, disparu en 1897. Le film est développé à partir des rares éléments établis de son existence... Dans la seconde moitié du XIXe siècle en Corée, alors que la dynastie Chosun est sur le déclin après 500 ans de règne, un érudit nommé Kim Byung Moon rêve d'un nouveau monde. Un jour, il rencontre Ohwon, un jeune mendiant, chez qui il décèle l'étincelle du génie. Ce dernier lui montre ses peintures et Kim tombe sous le charme. Il l'encourage à mettre son talent au service du peuple.

L'ange de l'épaule droite

de Djamshed Usmonov

Hamro est un gredin: après des années de prison et de vie dissolue à Moscou, il a décidé de rentrer à Asht, son village natal au Tadjikistan. C'est un bel homme, intimidant et qui n'a que des ennemis. Il ne sort jamais sans s'armer de quelques cailloux, au cas où l'un de ses nombreux créanciers viendrait lui réclamer son dû. Arrivé chez lui, il trouve Halima, sa mère, à l'article de la mort. Emu mais pragmatique, et grâce à une technique de négociation unique au monde, il convainc sans peine quelques villageois non seulement de terminer la belle grande porte qu'ils avaient commencé à installer dix ans auparavant (le cercueil de la mère pourra ainsi passer sans encombre ), mais encore de rénover entièrement la maison familiale, ce qui permettra au fils de la revendre à bon prix et de repartir aussi sec à l'aventure.

Balzac et la tailleuse chinoise

de Dai Sijie

“Balzac et la petite tailleuse chinoise” est l'adaptation par l'auteur lui même du roman éponyme de Dai Sijie. Au cœur d'une vallée du Sud Ouest de la Chine, dans les années 1970, un camp de rééducation a pour mission de faire rentrer dans le rang des individus jugés réactionnaires. Ma et Luo, deux jeunes hommes d'une vingtaine d'années, débarquent dans ces montagnes isolées de la vie citadine pour apprendre à devenir, au contact de la population autochtone, de véritables "paysans révolutionnaires". C'est là qu'ils vont rencontrer la très belle fille du tailleur du village, qui dissimule des ouvrages interdits dans une petite mallette que vont dérober les deux jeunes gens pour se délecter de la lecture de Balzac, Stendhal, Flaubert, Kipling, Doistoïevski ou Gogol... Clin d'œil magique au mélange des cultures, ce film ouvre tout grand une fenêtre sur les rêves d'évasion impulsés chez les esprits libertaires par la Révolution Culturelle.

Lagaan

d'Ashutosh Gowariker

En 1983, au centre de l'Inde, les villageois de Champaner attendent en vain la mousson. Pour humilier ce peuple au bord de la famine, le capitaine Russel, chef de la garnison britannique, veut doubler le “lagaan”, l'impôt sur les céréales. Le jeune Bhuvan, qui dirige la protestation contre cette injustice, se voit proposer par l'officier un terrible pari: si les Indiens battent les Anglais au cours d'un match de cricket, ils seront exemptés de “lagaan” pendant trois ans. S'ils perdent, ils devront payer un triple impôt. Premier film de l'industrie du cinéma de Bombay, surnommée “Bollywood”, à obtenir en quatorze ans une sélection aux Oscars de Hollywood (2002), ce film épique indien a raflé, dans son pays, sept des treize équivalents des oscars. Un film phénomène.

Beijing Bicycle

de Wang Xiaoshuai

Venu de la campagne, âgé de 16 ans, Guei trouve un travail à Pékin dans une entreprise de coursiers. Son employeur le lave, l'habille et lui prête un magnifique VTT couleur argent. Souhaitant acquérir ce vélo, Guei reverse régulièrement une partie de son salaire. Alors qu'il l'a presque acheté, Guei découvre un jour que son vélo a été volé au pied d'un immeuble. Désespéré, désormais sans travail, il court toute la ville pour le retrouver. Jusqu'au jour où un ami lui annonce une nouvelle étonnante... Un scénario minimaliste pour une petite merveille à la fois impressionniste et socio-politique.

Pavillon de femmes

de Ho Yim

En Chine, à la fin des années 1930, Madame Wu Ailian, épouse d'un aristocrate, tente de s'affranchir du poids de la famille et des traditions. Le jour de son quarantième anniversaire, au mépris de la convention et des règles, elle décide de pousser une concubine dans les bras de son mari.

Ayurveda - L'art de la longévité

de Pan Nalin.

Explorant l'art de guérison le plus ancien au monde qui tente de rétablir un équilibre harmonieux entre le corps, le mental, les sens et l'âme, cet excellent documentaire du réalisateur indien Pan Nalin (“Samsara”) constitue un voyage très sensoriel à travers l'Inde, et un voyage très instructif dans le passé et les mystères de l'esprit.

Le voyage au Kafiristan

de Fosco et Donatello Dubini

A la fin des années 1930, deux femmes quittent Genève en voiture, direction les Balkans, la Turquie, la Perse, l'Afghanistan. Ella Maillart et Anne-Marie Schwarzenbach désirent toutes deux s'évader de la situation tendue en Europe et éprouvent le même besoin de se rechercher elles-mêmes. Filmé par deux frères documentaristes, Fosco et Donatello Dubini, ce voyage fascinant et esthétiquement superbe est aussi mis en valeur par l'excellente prestation de Jeanette Hain.

Samsara

de Pan Nalin

Depuis l'âge de cinq ans, Tashi vit dans un monastère sur les contreforts de l'Himalaya indien. "Samsara" raconte l'histoire de ce jeune bonze ladakh hanté de songes lubriquement déplacés, et qui devra faire un choix crucial entre spiritualité et sensualité. Pan Nalin, jeune fils de paysans, a tourné ce film pendant huit ans, à 5000 mètres d'altitude, au milieu des chèvres, chevaux, chiens et yaks. Un film qui fait aujourd'hui le tour du monde, et pour cause: les images sont à couper le souffle, et l'intrigue est simplement très belle.

Swing

de Tony Gatlif

Max, un garçon de dix ans, se découvre une passion pour le jazz manouche. En vacances chez sa grand-mère, il se rend dans le quartier des gitans pour faire l'acquisition d'une guitare. Le temps d'un été, Max fera, auprès de Miraldo, un musicien virtuose, l'apprentissage de la musique et de la culture manouche. Par ailleurs, il connaîtra ses premiers émois amoureux aux côtés de l'énigmatique Swing, une fille de son âge. "La musique tsigane est le raffinement de toute les sensations" disait Alexandre Pouchkine. Le swing manouche ne contredit pas le poète russe. Spontanéité, générosité, tolérance sont les principales valeurs d'une musique qui revient en force avec le nouveau film de Tony Gatlif, qui adore la musique tsigane (voir Gadjo Dilo) et ne manque jamais une occasion de nous communiquer sa passion. A savourer les oreilles grandes ouvertes.

Le voyage de Chihiro

de Hayao Miyazaki

Présenté en compétition officielle du 52e Festival de Berlin, Le Voyage de Chihiro y a remporté l'Ours d'or: la plus haute récompense est tombée comme une surprise, aucun film d'animation n'ayant auparavant été couronné dans la capitale allemande! L'histoire? Chihiro, dix ans, s'apprête à emménager avec ses parents dans une nouvelle demeure. Sur la route, la petite famille se retrouve face à un immense bâtiment rouge au centre duquel s'ouvre un long tunnel. De l'autre côté du passage se dresse une ville fantôme...

La route

de Darejan Omirbaev

Apprenant que sa mère est mourante, Amir, un jeune cinéaste kazakh, prend la route. Au cours du trajet, des pans de sa vie passée et présente lui reviennent en rêve et brisent la monotonie du paysage de steppe: souvenirs d'enfance, vie intime, extraits du film qu'il est en train de tourner, fantasmes divers, etc. Le réalisateur de ce film saura toujours surprendre et émouvoir le spectateur avec sa poésie et ses réflexions métaphysiques.

Un taxi à Pékin

de Ning Ying

Un jeune chauffeur de taxi charmeur, récemment divorcé, fait défiler le Pékin contemporain dans sa voiture. En filigrane, nous assistons les dernières mutations de cette fourmilière urbaine: libération des murs, prolifération mafieuse, afflux de paysans. Plusieurs mondes coexistent dans cette chronique amère, entre lesquels le protagoniste pilote à vue. Un personnage attachant, ballotté d'une femme à l'autre, et témoin passif d'une inédite accélération de l'histoire.

Ô vous mes oies!

de Lidia Bobrova

Les destins croisés de trois frères, en 1980, dans un patelin perdu de la Russie soviétique: trois frères pauvres, marginaux et guettés par l'alcoolisme. Réalisé en 1991, ce film sort aujourd'hui seulement en Europe mais garde toute son humanité et sa force de dénonciation. Un blues slave lancinant, toujours actuel.

L'orphelin d'Anyang

de Wang Chao

Dans la province de Henan, un ouvrier se retrouve au chômage. En échange d'une rétribution, il recueille un orphelin que sa mère prostituée se résout à abandonner. Mais un gangster veut récupérer cet enfant, pour en faire son héritier... Avec ce premier film joué par des acteurs amateurs, Wang Chao fait preuve d'une sidérante maîtrise pour nous donner sa vision de trois destins, trois expériences d'espoir et de résistance à l'adversité, à l'échelon le plus bas de la société chinoise.

Highway

de Sergueï Dvortevoy

Dans un vieux bus en fin de vie, une famille de saltimbanques musulmans suit une piste menant de l'Asie Centrale à Moscou. Etrange odyssée que cette traversée du désert kazakh par les Tadjibaev, semée de petits drames et empreinte d'une infini poésie. Ce documentaire apporte une point de vue sensible et extrêmement humain sur la précarité de la vie au quotidien, que ce soit celle de ces artistes ou la nôtre, par ricochet.

L'enfant et le soldat

de Seyyed Reza Mir-Karimi

A la veille du Nouvel An iranien, un soldat d'une petite ville se voit confier une mission particulière: emmener un tout jeune délinquant dans une maison de redressement à Téhéran. Le trajet dure deux jours, le temps pour les deux protagonistes d'apprendre à se connaître et de développer une précieuse et fragile amitié. Ce film vaut en particulier par sa façon de rendre avec un humour tendre les difficultés sociales et économiques que vit aujourd'hui le peuple iranien.

Le mariage des moussons

de Mira Nair

Lion d'or au dernier festival de Venise, ce film séduit par sa drôlerie, son exubérance et sa façon unique de mêler drame et musique. A New Delhi, un mariage arrangé se prépare entre une jeune femme du pays et un ingénieur indien venu de Houston. Sur les lieux de la célébration, les familles des futurs conjoints se rencontrent et des couples se forment ou se révèlent: l'organisateur du mariage tombe amoureux d'une servante, un homme marié profite de voir sa maîtresse et bien d'autres personnages encore cherchent à se séduire. Et tel un coup de pistolet au milieu d'un concert déjà cacophonique et délirant, les invités apprennent publiquement que le protecteur de la famille de la mariée a un passée de pédophile... Une situation qu'on imagine plutôt embarrassante.

Silence, on tourne

de Youssef Chahine

Malak, riche et célèbre chanteuse, à peine sortie de son divorce, se lance dans une relation avec Lamei. Mais les amis et la famille de Malak ont bien remarqué que ce dernier était moins amoureux qu'intéressé par l'argent en jeu, et tentent à tout prix de lui ouvrir les yeux. Un film drôle et ironique, attendrissant et intelligent, énergique et tendre, qui replace Youssef Chahine sur le devant de la scène. De l'authentique cinéma égyptien: danses, chant, humour, couleurs et humeurs.

De l'eau tiède sous un pont rouge

de Shohei Imamura

Du haut de ses 75 ans, Imamura nous offre à nouveau un film énigmatique et très esthétique, mêlant érotisme, humour et suspense. C'est l'histoire d'un homme qui, sur le conseil d'un vagabond, se rend dans un village de la péninsule de Noto, plus précisément dans une maison près d'un pont rouge, où il doit retrouver une statue de Bouddha. Au cours de sa quête, il rencontrera une femme étrange et cleptomane, aux le pouvoir de faire remonter les poissons de la mer à la rivière. Intriguant, poétique, drôle et sensible, le 19e film du réalisateur ne tombe jamais dans la facilité, bien au contraire: il a tout pour surprendre et charmer les spectateurs.

Platform

de Jia Zhang-ke

Une des révélations de la Mostra de Venise 2000, le deuxième long métrage de Jia Zhang-ke est véritablement un bijou. L'intrigue? Une troupe de théâtre itinérante qui, dans une Chine en mutation, et même si Mao vient de disparaître, continue à jouer les grands classiques de la propagande. Le décor? La province de Shanxi, au sud-ouest de Pékin. Malheureusement pour eux, les acteurs voient le public peu à peu se réduire comme une peau de chagrin, ils doivent ainsi modifier leur répertoire et accepter la privatisation de leur troupe. Une narration souple, de longs plans-séquences donnent à ce film un réalisme de documentaire. Ne manquez pas l'occasion, si ce film passe près de chez vous!

In the Mood for Love

de Wong Kar-Wai

Auteur de "Happy Together" et "Chunking Express", Wong Kar-Wai a su transformer une histoire vieille comme le monde en événement singulier et poétique. Dans la ville de Hong Kong, en 1962, le même jour et à la même heure, deux couples emménagent dans des appartements voisins. Une histoire d'adultère dont l'originalité se situe peut-être dans le fait qu'elle est vécue ici du côté des époux trompés, lesquels apprennent peu à peu à se découvrir. A voir et à écouter (chansons interprétées par Nat King Cole) absolument.

A Beautiful New World

de Shi Run

Bao Gen arrive du nord de la Chine à Shanghai, la grande métropole. Le gros lot qu'il a gagné lors d'un concours lui promet un appartement de 2 pièces dans cette ville où il rêve d'habiter. Mais l'appartement en question n'est pas achevé à temps, et notre personnage doit apprendre à se débrouiller tant bien que mal: petits boulots, désillusions, espoirs et ironie du sort. Un film d'une fraîcheur incroyable, notamment grâce à la prestation magnifique de Jiang Wu (Shower).

Uttara

de Buddhadeb Dasgupta

Balram et Nemai, deux hommes gaillards mais sensibles à la poésie, travaillent en tant qu'aiguilleurs et garde-barrières dans les capagnes reculées du Bengale. Un jour, Balaram emporte avec lui la belle Uttara, après avoir rendu visite à ses parents, et l'épouse. Un acte qui amène une tension entre les deux amis, et leurs conflits, sur la colline derrière les voies, prennent une forme toujours plus irritée. Et pendant ce temps, les choses s'aggravenet aussi dans le hameau voisin: quelques fondamentalistes décident d'éliminer le prêtre et boutent le feu à sa chapelle. Un film extraordinaire, simple et libérateur.

Hidden Whisper

de Vivian Chang

La réalisatrice chinoise Vivian Chang porte un regard profond et sensible sur les moments-clés vécus par une femme au cours de sa vie. Après la petite fille qui se construit un monde fantasiste pour échapper aux difficultés quotidiennes, l'adolescente fuit et, plus tard, la jeune femme remplit le vide de nombreux amants. Recherche identitaire dans une société où rivalisent lâcheté, violence et indifférence. Dans son premier grand film, Vivian Chang décline la vie au féminin avec une sensualité rare.

Chunhyang

d'Im Kwon-taek

A la fin du 18ème siècle, le jeune Mongryong tombe amoureux de Chunghyang, fière et cultivée, originaire d'une famille princière. Quand Mongryong déménage avec elle à Séoul, le nouveau gouverneur, séduit par la jeune femme, veut en faire sa courtisane. Elle refuse et doit se résoudre à vivre des temps pénibles, sans pour autant abjurer jamais sa fidélité. L'histoire de Chunhyang appartient à la légende et tout Coréen la connaît. D'ailleurs, elle a déjà été mise en scène une quinzaine de fois, mais rarement avec cette intensité.

Et là-bas, quelle heure est-il?

de Tsai Ming-Liang

Hsiao-Kang est vendeur de montres dans les rues de Taipei. Quelques jours après le décès de son père, il rencontre une jeune femme, Shiang-Chyi, qui part le lendemain pour Paris. Hsiao-Kang, oppressé par le comportement de sa mère qui attend le retour de l'esprit de son mari défunt, se réfugie dans le souvenir de cette jeune femme et tente de se rapprocher d'elle en réglant toutes les montres et horloges de Taipei à l'heure de Paris. Là-bas, Shiang-Chyi affronte quelques péripéties qui semblent mystérieusement liées à Hsiao-Kang. Un film lent, surprenant, peu optimiste, mais qui propose une réflexion passionnante sur la question de l'absence-présence des morts.

Kandahar

de Mohsen Makhmalbaf

Une journaliste afghane vivant au Canada revient clandestinement dans son pays pour sauver sa sœur qui menace de se suicider avant la prochaine éclipse. Ce film, inspiré d'une histoire réelle, permet de pénétrer dans un monde où règnent la folie, l'oppression, la misère, l'intolérance et le fanatisme – un monde qui a interdit toute forme de culture, qu'elle soit musique, danse, peinture ou cinéma. A voir absolument.

Yi Yi

de Edward Yang

Sur le mode délirant, l'histoire d'une famille de classe moyenne à Taiwan aujourd'hui. Le mari traverse sa crise de la quarantaine, se demande ce qu'il a fait de sa vie et rencontre son premier amour d'enfance. Le beau-frère se marie, la belle-mère a une attaque et sombre dans le coma. Ce film a créé l'événement à Cannes, l'année dernière; pour beaucoup, il est même la meilleure réalisation de l'an 2000. A voir, malgré sa relative longueur (173 minutes).