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Voyages privés en Asie - Horizons 2018-2020
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Premiers regards 2019-2020
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Liste des Chroniques

27.10.2011

Chine - Yunnan

« Une image vaut mieux que mille mots »

Confucius, 5e siècle avant J.C.

Au Sud de Kunming, au cœur du Yunnan, la petite ville de Jianshui (500'000 mille habitants tout de même) ne paie pas de mine, malgré son centre-ville historique plutôt bien conservé. Moins touristique que Dali ou Lijiang, la ville mérite le détour car elle recèle deux joyaux architecturaux : Le Temple de Confucius, le deuxième le plus grand en Chine après celui de Qufu, la ville natale du maître, situé dans un vaste parc, et les jardins de la famille Zhu qui déploient sur 20'000 m2 de somptueux jardins et pavillons d’habitation.

Dès que nous franchissons l’enceinte du Temple, le temps semble s’arrêter. Nous ne percevons plus le bruit de la rue et les bâtiments modernes qui le cernent disparaissent à la vue. L’entrée par le Sud donne directement sur la « Mer des Etudes », vaste pièce d’eau symbole de l’immensité du savoir confucéen, dont seul le travail permet d’atteindre l’autre rive. Magnifique construction de l’époque mongole (1285), agrandie au cours de quelques cinquante restaurations successives, le Temple a servi à représenter le pouvoir impérial et à y passer des examens mandarinaux. Nous flânons à travers un ensemble de cours intérieures, de pavillons et de superbes portiques aux noms évocateurs : « Porte de l’Etoile du Talent Littéraire », « Porte de la Grande Perfection »… Le site est très prisé des personnes âgées qui s’y retrouvent pour bavarder, jouer au Mah-jong ou chanter. Moment d’émotion lorsque Marie-Jeanne, membre du chœur DeMusica de Fribourg, se joint, pour leur plus grand plaisir, à un groupe de femmes accompagnées d’un musicien pour chanter avec elles. Naturellement, nous évoquons dans ce lieu le célèbre juge Ti dont les enquêtes nous ont accompagnés durant tout notre périple et qui est un fervent adepte de Confucius dont la pensée, basée sur la morale et la rigueur, dicte la conduite. Avant de quitter ce havre de paix, nous nous essayons - avec plus ou moins de succès – au tir à l’arc avec d’antiques arcs et flèches en bois!

Construite durant les dernières années de la dynastie Qing à la fin du 19e siècle, la résidence de la famille Zhu offre au plaisir des yeux un labyrinthe de cours intérieures, de galeries couvertes, de pavillons et de jardins magnifiquement fleuris et agrémentés de superbes bonzaïs. De charmantes chambres d’hôtes ont été aménagées dans ces jardins et nous avons le privilège de pouvoir flâner et nous perdre le soir venu, quand le parc est fermé aux visiteurs, dans ce dédale de cours et de jardins, à la lueur des lanternes, et de pouvoir découvrir soudain, au détour d’un couloir, le théâtre sur l’eau, petit pavillon perché au dessus d’un étang, où se jouaient autrefois des scènes de l’opéra chinois.

CL

23.09.2011

Découvrir le Vietnam

...à vélo du Nord au Sud

Y-a-t-il plus d’habitants ou plus de motos à Hanoi? Notre petit groupe est content de pouvoir quitter cette capitale bruyante. Une heure à peine de bus et nous nous retrouvons au calme dans une région idyllique, au milieu de rizières verdoyantes. Nos vélos, amenés par notre camion d’accompagnement sous la surveillance de notre mécanicien, nous attendent au point de départ de notre tour de quatorze jours. Au rythme des deux-roues, nous traversons le pays du Nord au Sud. Dans un paysage de collines boisées et de rizières, nous croisons des femmes en costumes multicolores qui travaillent dans les champs, de nombreux motocyclistes et des enfants qui nous font signe le long de la route. Arrivés à Mai Chau, nous sommes chaleureusement accueillis par la maîtresse de notre auberge. Après un succulent repas à la lueur de la pleine lune, le bruissement de la forêt tropicale nous berce durant toute la nuit.

“Hello, What’s your name? How are you?” Partout dans ce pays les enfants sont excités à la vue de ces douze cyclistes occidentaux traversant leur village. Ils en profitent pour pratiquer les quelques mots d’anglais qu’ils viennent d’apprendre à l’école. À notre passage, les plus petits d’entre eux sautent de joie et les plus grands cherchent à obtenir un maximum de poignées de main possible de ces cyclistes, tout en se demandant si ces grands hommes blancs sur leurs VTT luxueux qui dépassent les motards sont des cyclistes professionnels. En s’approchant de Ninh Binh, la beauté des paysages de collines karstiques entourées de champs de rizières brillants devient de plus en plus spectaculaire. De petits chemins serpentent durant des heures à travers la “Baie d’Halong terrestre”.

“La journée d’aujourd’hui va être intensive”, dit notre guide local, “nous devons passer un col de 29 km!” La chaleur humide annoncée de 38C° nous cause un peu de soucis. Mais après un petit-déjeuner copieux, nous nous équipons de crème solaire, chapeau ou casque et lunettes de soleil. Notre mécanicien contrôle une dernière fois les freins. Nous sommes contents de voir que notre bus d’accompagnement s’arrête tous les 5 km pour nos proposer du jus de citron pressé frais et des bananes savoureuses. Nous avançons sur les routes goudronnées, chacun à son rythme, à travers des forêts vallonnées, et nous prenons toujours plus d’altitude. Un regard vers le bas, et la mer couleur turquoise nous encourage à continuer. Arrivés au sommet du col, nous apprécions l’air un peu plus frais et fêtons notre performance de la journée. La logique veut que, si nous sommes montés pendant 29 km, il y a forcement une descente tout aussi longue qui nous attend et que nous attaquons maintenant dans la bonne humeur. Avec une exubérance certaine, nous laissons rouler nos bicyclettes et sommes rassurés par la fiabilité des freins tout neufs de nos VTT.

...en train de nuit

Femmes, hommes, enfants, poules, légumes... Je fais un tour de repérage dans ce long train qui nous emmène de Ninh Binh à Hué et, plus je m’approche du wagon de la 3ème classe, plus l’ambiance est animée. Quelques personnes préparent de la soupe aux nouilles, d’autres dorment, papotent, jouent, lisent le journal. Le train s’arrête souvent et, à chaque gare, de nombreux marchands espèrent vendre leurs marchandises diverses aux passagers fatigués. D’une des couchettes supérieures du compartiment, j’admire la lumière douce du soleil couchant et m’endors, bercée par le doux roulis du train.

...en bateau à travers le delta du Mekong

Isabelle Hürlimann in VietnamNous échangeons nos vélos contre un petit bateau en bois pour continuer notre découverte du pays. À bord de cette “coquille de noix”, nous glissons sans hâte le long des petits canaux du delta du Mékong, bordés de cocotiers, de villages sur pilotis, de nombreux enfants en uniforme scolaire et de jeunes filles plongée dans le fleuve jusqu’à la taille pour faire la lessive familiale.

Les marchés flottants offrent dès l’aube des fruits frais et des légumes croquants dans une ambiance très joyeuse. Nous voguons d’île en île, visitons des artisans locaux et de petites fabriques de nouilles, de friandises à base de riz et de bonbons à la noix de coco. En fin de journée, nous retrouvons notre auberge pour un cours de cuisine. Nous préparons le dîner nous-même et avons la chance de déguster ces délicieux plats sous un ciel étoilé, à la lueur romantique de quelques bougies, dans une soirée animée par le sympathique orchestre des grillons. Le temps s’arrête. Les impressions et les expériences des deux dernières semaines défilent dans notre tête et notre coeur.

IH

Shanghai 1977-2011

786, Huaihai Zhong Lu

Shanghai, mars 2011, les autoroutes se croisent sur trois niveaux au centre ville et canalisent la circulation dense de voitures rutilantes, le Maglev conduit ses passagers jusqu’à l’aéroport à 431 km/h, d’innombrables galeries d’art moderne installées dans d’anciennes usines désaffectées présentent des oeuvres souvent très impertinentes, les musées municipaux exposent des collections venues du monde entier, les artères principales qui traversent la ville jusqu’au Bund ruissellent de toutes les marchandises imaginables à tous les prix et les enseignes au néon dégoulinent de couleurs vives jusqu’à une heure avancée de la nuit, les restaurants, du plus simple au plus chic, se succèdent, presque toujours bondés, les gratte-ciel sont en compétition pour savoir lequel sera le plus beau, le plus haut, le plus cher et dans la banlieue de véritables villes de tours sont en construction. Shanghai-la-Mégalomane, nouveau paradis de la consommation et des affaires ?

Shanghai 1977 : atelier d'optique
Actuellement : galerie d'art contemporain
Shanghai 1977. La rivière Huangpu et, à l'arrière plan, le futur quartier d'affaires de Pudong

Shanghai, juillet 1977, j’arrive alors qu’il fait déjà nuit. Une méchante et têtue petite pluie fine s’insinue partout, sans même parvenir à faire baisser la lourde température de ce soir d’été. Nos guides, tout sourire, sont aussi tendus que nous: c’est la fin de la Révolution culturelle, le monde chinois bascule, l’avenir est incertain, qu’allons-nous penser de la grande métropole chinoise, qui pèse déjà 15% du produit national brut ? Nous traversons la ville dans de grosses limousines noires qui roulent sans les phares dans des avenues désertes, les rues sont à peine éclairées, pas une enseigne de restaurant, pas un magasin, quelques rares passants. L’image se répète la journée suivante. Certes, il y a bien les “Grands magasins No 1 et No 2", avec des étals bien remplis. Mais le choix est limité et la plupart des habitants porte encore la salopette bleue et des chaussures en plastique. La nourriture est rare et quelques marchés de rue offrent des légumes et un peu de viande. On nous explique que la surface habitable par personne n’est que de 5 m2, que les gens ne manquent de rien mais que la vie est spartiate! Pas de salle de concert, de cinéma, d’opéra, de casino, de shopping, de musée, de lieu de divertissement, alors nous visitons un Palais des enfants, une crèche, un hôpital, une usine textile. C’est un autre monde, les Chinois en sont fiers, mais l’aspiration au changement est manifeste. Shanghai-la- Rouge, déjà post-révolutionnaire, va-t-elle basculer?

Entre ces deux dates, j’ai retrouvé Shanghai une bonne quinzaine de fois et j’ai vu la ville changer radicalement, comme souvent dans son histoire: d’abord petit village de pêcheurs devenu forteresse de la colonisation occidentale, puis ville de tous les excès et de toutes les turpitudes lorsque Victor Sassoon possédait la moitié du parc immobilier, que Du-Les Grandes Oreilles régnait en maître sur les casinos et la prostitution et que le trafic d’opium était organisé depuis le consulat de France, ensuite fer de lance de la révolution et bastion de “l’Orient toujours rouge” et maintenant mégapole où tout semble possible, à portée de main. Shanghai-l’Inassouvie, vraiment ?

Dans les ruelles silencieuses qui séparent les avenues, les grands-mamans sortent faire leurs courses en pyjama et les vieux promènent leur merle chanteur en le balançant dans sa cage. Dans les parcs, des personnes de tous âges s’initient aux arts martiaux, des groupes s’exercent à la danse, font de la gymnastique ou bavardent interminablement. Un peu partout, de minuscules bistrots offrent de succulentes soupes de nouilles et des raviolis farcis. Cette Chine, presque immuable et si attachante, je l’ai aussi retrouvée chez Duck King, au 786 de la rue Huaihai: une jeune fille en uniforme passé nous indique l’ascenseur sans interrompre ses jeux sur un téléphone portable, une immense salle bruyante où des familles entières sont attablées autour d’une montagne de plats, des interdictions de fumer à la seule intention des non-fumeurs et dans un angle la cuisine, séparée de la salle par une vitre, expose des canards laqués se dorant au feu de jujubier. Ici, notre canard, accompagné d’une bouteille de bon vin, ferait pâlir de jalousie les meilleurs cuisiniers pékinois, c’est dit-on, le meilleur en ville. Et lorsque j’aperçois les garçons saisir les quatre coins d’une nappe et emporter d’un coup les restes de victuaille, la vaisselle et les verres en balançant sur leur épaule ce lourd fardeau ou en le traînant au sol, je sais que cette Chine que j’ai toujours connue et que j’aime est encore bien vivante à Shanghai.

FL

24.03.2011

Laos du Nord

Rencontres au Nord du Laos

En visite chez les Akha

“Sabaidee!” - un choeur de petites voix nous souhaite la bienvenue dans un village de montagne de la minorité ethnique des Akha. Les enfants les plus vifs s’approchent et répètent bien fort “Sabaidee! Sabaideeeeee!” (bonjour, bonjour!)... tandis que les plus timides se cachent dans le dos de leurs frères et soeurs dans un ricanement général. Mais tous veulent voir qui sont les hôtes de leur village!



Après une marche de 5 heures à travers les plantations de canne à sucre et de caoutchouc qui bordent les villages des minorités Hmong et Akha, nous arrivons à notre étape du jour en début d’après-midi. Nous sommes  dans les montagnes du Nord-Ouest du Laos, à quelques kilomètres seulement de la frontière chinoise. Nous logerons ce soir dans une cabane sur pilotis faite de paille et de bambous. Pas d’électricité ici. Derrière le grand dortoir, le feu crépite dans la cuisine.

Durant la journée, seuls les enfants vivent dans le village. Les garçon jouent à cache-cache, à attrape-moi ou au Frisbee tandis que les filles portent des bébés en guise de poupées, aident à apporter de l’eau ou s’occupent de la lessive dans la fontaine communale. Nous nous reposons et savourons cette ambiance gaie et conviviale. Le soir, quand les ombres deviennent plus longues, les adultes rentrent de leur travaux dans les champs et déjà les feux s’allument dans les cuisines vite envahies d’une fumée âpre. Le repas est savoureux et copieux: riz de montagne, légumes, omelettes, soupe et émincé de buffle. Et nous en profitons pour trinquer avec le vin de riz local!

Après le labeur intensif de la journée, quelques femmes du village viennent dans notre mazot pour une démonstration de massages traditionnels Akha - une aventure amusante, mais peu relaxante! Pendant qu’on se fait triturer dans tous les sens, le niveau sonore autour de notre logis augmente: les habitants du village endimanchés  se sont rassemblés devant la porte pour voir les “longs nez au visages pâles”. Les personnes plus âges sont accroupies un peu plus loin et discutent vivement de ces hôtes rares.... enfin une animation!  Tout en souriant, nous nous demandons qui observe qui? Nous, les étrangers avec nos caméras qui cherchons l’authentique et la simplicité... ou les habitants du village qui souhaitent  apprendre ce qui se passe dans le monde et qui rêvent d’une machine à laver?

Les balades et activités dans les villages lointains du nord du Laos font partie d’un projet qui devrait assurer une source de revenus supplémentaires aux villageois et assurer un tourisme décent. Avec ces revenus, les communes peuvent  construire de nouvelles routes, des conduites d’eau et des écoles. Grâce à l’argent gagné de notre trekking, le village pourra achever la ligne de courant planifiée. Les piliers en béton sont déjà installés et dans quelques mois les habitants pourront bénéficier du courant. Pour les visiteurs occidentaux, le village perdra probablement un peu de son exotisme. Mais la lumière électrique, les appareils de cuisine et l’eau chaude font partie du progrès. Et ne constituent-ils pas une grande aide dans les tâches quotidiennes de ces travailleurs courageux?

CM

04.03.2011

Laos-Cambodge

Faux silence...

Je suis assise sur un reste de mur millénaire, notre petit groupe vient de tourner au coin du temple et s’en va vers un bassin bucolique. Curieuse impression d’être parfaitement seule au milieu de ces ruines exubérantes de verdure. On est chez Jayavarman V ou  VII ? J’ai juste le souvenir d’un somptueux fronton avec Indra sur son éléphant, et de colonnes étouffées par les lianes.  Les vieilles pierres reposent dans un faux silence. Un silence qui se laisse écouter, avec les pépiements d’oiseaux rythmés par une sorte de coucou. Il semble qu’il y ait des grillons, aussi. Dans le creux du tronc, un linga penche depuis des siècles. En face, une fleur d’un rouge léger oscille sur une fine tige. Ils ont l’air de trouver important d’être là, le vieux linga et la fleur du jour, au fond de la forêt désertée par la civilisation. Hé, je vous dérange ? Emue, je m’en vais aussi vers le bassin, en oubliant mon chapeau sur la pierre.

... et jeu d'eau

Les chutes du Mékong, elles ne sont ni hautes ni très bruyantes, même si leurs noms cherchent à faire peur : Fracas du Mékong, Fantôme qui pleure. Ce qui les rend fascinantes, c’est leur multitude : des filets d’eau et des torrents qui arrivent de plusieurs côtés, s’insinuent dans des gorges, se rejoignent ou s’isolent. Pendant un kilomètre, on n’en finit pas de voir l’eau surgir et tomber et puis tout de suite se calmer. On a peine à croire ce qu’on voit. Partout, c’est plat, le Mékong s’étire presque sans déclivité. Et soudain, entre deux iles, ces méandres, ce jeu de cache-cache avec la forêt. Et cette sourde violence!

EWI

28.01.2011

Voyage en Inde du Sud

Shiva Nataraja, le dieu danseur cosmique

Il est exactement midi lorsque nous arrivons au temple de Shiva à Chidambaram, au Tamil Nadu. Des roulements de tambours et des sons de cloches aigus et pénétrants résonnent dans les salles, les cours et les couloirs de cette immense enceinte: c’est l’appel à une cérémonie du feu et les nombreux fidèles se dirigent vers la salle centrale pour tendre leurs regards vers la statue sacrée du dieu. Les portes incrustées d’argent ne restent ouvertes que quelques minutes, à peine le temps d’observer les trois prêtres habillés de blanc, des brahmanes, qui exécutent avec une lampe à huile une lente danse rituelle autour de la statue. Au centre de la petite pièce sombre, nous distinguons une forme ornée de guirlandes fleuries, la statue de Shiva, le dieu danseur cosmique. Une foule serrée se presse sur l’escalier et dans les couloirs sombres et enfumés de la salle des colonnes et une odeur douce-acide nous prend à la gorge.

En Inde du Sud, de nombreux temples sont dédiés au dieu Shiva dans sa représentation de Seigneur de la danse. Sous cette forme, Shiva accomplit la danse cosmique de la destruction et de la création de l'univers. Elle symbolise le renouvellement périodique du monde, en un rythme infini de dissolutions et de naissances. Pour les hindous, la danse est plus ancienne que le monde lui-même car c'est précisément en dansant sur le mont Kailas que Shiva créa le cosmos et notre Âge, en prenant cette posture au moment de la création, posant le pied droit sur la tête du démon primordial et le tuant. Pour que jamais Shiva n’interrompe sa danse, les prêtres organisent quotidiennement de nombreuses cérémonies. Chaque matin, ils lavent la statue avec du lait mélangé à du yoghurt et du miel. Plusieurs fois dans la journée, ils offrent au dieu une cérémonie du feu, et les tambours et les cloches impriment à la danse son rythme pour que Shiva continue de danser...

Le panthéon des divinités hindouistes, avec toute sa richesse et sa complexité, nous a parfois laissés sans voix et nous étions contents de retrouver toute la richesse et la complexité de la vie quotidienne en Inde du Sud. En petit groupe, nous avons découvert les couleurs et les odeurs de villes trépidantes. Chaque trajet en voiture était une expérience nouvelle, avec un flot de chars à boeufs, de vélos, de piétons, de motos, de touc-toucs, de camions et de bus qui se mélangeaient dans un joyeux désordre. Nous avons traversé des paysages magnifiques au milieu d’une végétation luxuriante, avec des rizières qui s’étendent à l’infini dans les plaines et des plantations de thé qui couvraient chaque colline. Et c’est en petites péniches aménagées que nous avons parcouru les backwaters du Kerala. Sans parler de la variété et de la richesse de la cuisine qui nous a été servie chaque soir dans l’ambiance surannée et désuettement coloniale de petits hôtels de charme. Pourtant, c’est bien la gentillesse et la serviabilité de tous ces gens que nous avons rencontrés sur notre route et qui, avec un grand sourire, prenaient un réel plaisir à nous faire découvrir leur culture, leur pays et leur quotidien, qui restera notre plus beau souvenir.

CM