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Voyages privés en Asie - Horizons 2018-2020
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Premiers regards 2019-2020
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Liste des Chroniques

23.10.2014

Mosaïque persane

Nous avons adapté nos tenues vestimentaires aux obligations locales, les manches jusqu’aux poignets et un foulard sur la tête. De nombreuses formalités avec le temps d’attente correspondant nous attendent à la frontière entre le Turkménistan et l’Iran, et ceci par une température de fin d’été qui voisine les 40 degrés. L’esprit chargé des préjugés souvent véhiculés par nos médias, nous faisons nos premiers pas en Iran.

Notre guide, Ali, nous accueille avec un large sourire. “Bonjour et bienvenue en Iran”, nous dit-il en nous proposant quelques friandises pendant que les fonctionnaires s’activent. La cheffe de poste, élégamment maquillée et à l’aise sur ses hauts-talons, slalome avec nos documents et nos voitures au coeur de la bureaucratie et, plusieurs guichets, sceaux et signatures plus tard, nous pouvons enfin nous réjouir de quitter la douane et d’entamer notre découverte de la Perse.

Pendant cette dizaine de jours en Iran, nous découvrirons la chaleur du désert, la fraîcheur ombragée des jardins et des oasis, la beauté de son architecture, la finesse de son artisanat et la spontanéité de son hospitalité. Le réseau routier est excellent, les infrastructures en bon état et les sites touristiques bien organisés et documentés. Le pays donne l’impression de bien fonctionner et d’avancer. Les gens travaillent dur, sont ouverts et cultivés, et passent leurs soirées autour de plantureux pique-niques dans les jardins et sur les places de leurs villes. Dans les restaurants de nos hôtels, les membres d’une société raffinée paradent autant pour voir que pour être vus. En été, temps des voyages et des visites, nombreux sont ceux qui, ne pouvant s’offrir le luxe d’un hôtel, dressent leurs tentes dans les parcs, les bords de route, les relais routiers et même dans les arrière-cours des mosquées. A chaque arrêt, le contact est rapidement établi. Chacun veut savoir d’où nous venons, ce que nous avons visité, si nous aimons l’Iran et tous nous souhaitent la bienvenue avec chaleur.

Mais l’image d’une société joyeuse et décontractée est trompeuse. Ali nous parle des soucis de ses concitoyens, de la formidable inflation, de la spirale du coût de la vie, de l’obligation d’avoir deux ou trois emplois pour nouer les deux bouts. Il ne reste dès lors plus beaucoup de temps et d’énergie pour s’occuper de religion ou de politique. Les mosquées sont vides et nombreux ceux qui ne sont pas d’accord avec le gouvernement. “Mais les gens sont trop fatigués le soir pour encore aller prier ou participer à des manifestations!”.

Pourtant, depuis ma dernière visite en Iran, certaines choses ont changé. Je m’étonne de la mode féminine. Souvent les femmes portent sur leurs jeans une tunique colorée, toujours plus courte, qui met en valeur leur silhouette et dont les manches sont retroussées le plus haut possible. Les foulards, presque transparents, ne couvrent que l’arrière de la chevelure, dégageant une sensualité qui semble se moquer de l’obligation de cacher les cheveux. Ali également pense que l’époque est aux changements: “Comparé à avant la révolution, les jeunes d’aujourd’hui, en particulier les filles, ont reçu une bonne formation. Elles sont fortes, ont conquis de l’indépendance et pensent de manière autonome. La population n’accepte plus n’importe quoi, surtout plus les dogmes!”. Ali voit l’avenir avec optimisme, mais souhaite que les changements avancent pas à pas, sans mettre en cause la stabilité. Lui comme tous les Iraniens ont eu leur comptant de guerres et de révolutions.

Nous sommes fascinés par la beauté de l’Iran, impressionnés par son histoire, touchés par son hospitalité, mais aussi inquiets de ses contrastes. Tout comme les fils entremêlés d’un tapis persan, les impressions réunies lors de ce voyage se rassemblent en une mosaïque d’un pays hors du commun que nous quittons le coeur lourd pour continuer notre voyage.

CM

18.08.2013

Rêves de Mongolie

Steppes infinies, cavaliers solitaires, troupeaux de moutons, de chèvres, de yaks ou de chameaux. Et parfois, au milieu de la nature, une yourte d'un blanc éclatant nous rappelle à la fascinante simplicité de la vie nomade : Monter sa tente librement et vivre dans une nature apparemment vierge et sans fin. La Mongolie réveille en nous de nombreux rêves de voyages.

Nous traversons la Mongolie en deux semaines. Devant nous, presque 2'500 km à parcourir. C'est le solstice d'été et le temps joue pour nous, nous ne rencontrons que très peu de pluie. Nous sommes accompagnés par une équipe locale bien rodée qui compte le conducteur du camion-cuisine, le cuisinier, le guide et deux assistants qui vont prendre soin de notre bien-être quotidien.

Bien que nous profitions de conditions de voyage idéales, il ne nous est cependant pas toujours facile de nous adapter au confort spartiate des nuits sous tentes ou dans des camps de yourtes et nous avons de la peine à nous imaginer comment les gens d'ici peuvent (sur-)vivre toute l'année dans ces conditions. De quoi rêvent-ils ? Et comment imaginent-ils leur futur ?

Il y a quelques années, lors de ma première traversée de la Mongolie, nos accompagnants me racontaient déjà comment ils passaient leurs soirées assis dans leur yourte à discuter de leur possibilités de se préparer un meilleur avenir. Tout cela semblait alors bien impossible à réaliser. Mais aujourd'hui le pays connait quelques développements, des investisseurs étrangers ont ouvert des mines qui offrent un emploi bien rémunéré tout au long de l'année et Ulaan Baator vit actuellement un véritable essor économique. Les finances du gouvernement s'améliorent et de nouveaux investissements sont réalisés dans les infrastructures et les écoles rurales. La vie devient un peu plus simple et nos amis peuvent aujourd'hui réaliser quelque- uns de leurs rêves et croire à un avenir meilleur.

Depuis notre dernière rencontre, notre guide Gunde a réalisé un voyage en Europe et en Suisse. Il s'est également acheté un appartement à Ulaan Baator, s'est marié et, depuis peu, il est devenu père. Chargé de cours en anglais, il désire se perfectionner et vient de postuler pour une bourse d'études dans une université en Australie.

Le cuisinier Uca est resté un grand fan de l'Italie. Il y a deux ans, il a effectué plusieurs stages en tant que chef de cuisine en Toscane. Pour gagner un peu d'argent, il désire aujourd'hui travailler à Shanghai ou à Pékin dans le restaurant italien d'un ami, en attendant que son rêve d'ouvrir son propre Café italien à Ulaan Baator se réalise.

Balu, le conducteur du camion d'accompagnement et leader de l'équipe est devenu un petit entrepreneur. Il a trouvé un travail bien rémunéré mais très fatiguant comme chauffeur de pelle-mécanique. Avec ses économie, il s'est acheté un mini-van de marque russe pour pouvoir conduire des touristes à travers la Mongolie.

Jagat, notre assistant et fils de Balu, n'a que 14 ans. Il a grandi à Ulaan Baator et c'est la première fois qu'il peut accompagner son père et apprendre à connaitre son pays.

Nous quittons la Mongolie chargés de souvenirs. Difficile séparation d'avec nos compagnons mongols qui nous ont permis de concrétiser nos rêves de voyages. Notre route continue et nous ramène vers la Suisse alors que chacun d'entre eux suivra sa propre voie et poursuivra ses plus beaux projets. Je ne sais pas si je les reverrai un jour, mais je leur souhaite à chacun de réaliser ses plus grands comme ses plus petits rêves, ainsi que le meilleur des avenirs pour eux-mêmes et leurs familles.

CM

12.07.2013

Xi’an: Entre brochettes et jiaozi

Assis sur de minuscules tabourets dans une gargote à même le trottoir de la vieille ville de Xi’an, nous savourons quelques dizaines de brochettes de mouton. Le patron agite un journal pour activer le brasero et pimente de poivre la viande qui rôtit sur la flamme. La patronne, pas compliquée, est allée nous chercher de la bière fraîche dans une échoppe voisine. Toutes les tables sont occupées et les autres convives nous sourient en nous faisant remarquer que ce sont véritablement les meilleures brochettes du quartier. La chaleur moite est écrasante.  Autour de nous, bruit, interpellations et rires, l’ambiance est chaleureuse. Plus loin, nous nous arrêtons dans un petit bistrot dont je me souviens qu’il prépare d’excellents jiaozi, les fameux raviolis chinois. Un régal! Il est tard, certaines boutiques ont déjà fermé et quelques habitants, les plus âgés, se promènent déjà en pyjama, rose à fleurs pour les dames, gris rayé pour les messieurs. La vieille ville autour de la mosquée de Xi’an est un anachronisme dans une Chine en pleine mutation, mais elle possède un charme incomparable.

Nous sommes entrés en Chine venant du Kirghizstan par un col qui franchit le Pamir et, par petites touches, nous la découvrons, au fil des routes et des haltes qui jalonnent notre voyage. Nous avançons à l’horizontale, à la hauteur des habitants, de leur vie, de leur travail et de leurs préoccupations. Nos voitures qui se mêlent au trafic, nos arrêts dans de petits restaurants, nos visites impromptues dans des lieux peu fréquentés suscitent l’étonnement et la curiosité. Nous sommes photographiés de tous les côtés, interpellés sur notre itinéraire, notre destination, notre manière de voyager.

Nous avons traversé des pâturages kirghizes et kazakhs en descendant vers Kashgar, logé dans des bourgades ouïgoures en bordure du Taklamakan, le désert “dont on ne sort pas vivant”, passé par des villages hui musulmans à Linxia et ailleurs, visité des districts mongols à Bayangol ou tibétains à Tongren et Labrang, et ce ne sont que quelques unes des 56 ethnies qui composent la Chine. Nous avons parcouru des milliers de kilomètres accompagnés de tempêtes de sable, de pluie ou de ciel bleu, et pu admirer des paysages d’une grande beauté, toujours renouvelés. Franchi des cols à près de 4'000 mètres d’altitude, séparés par des canyons impressionnants ou des prairies d’altitude ponctuées de yacks et de moutons. Longé des terrasses millénaires taillées dans le loess où sont cultivés céréales, maïs, légumes et sorgho. Remonté en bateau une partie du Fleuve Jaune jusqu’aux grottes bouddhiques de Binglingsi. Nous avons pu nous pénétrer un peu de cette impressionnante et foisonnante culture, fruit d’une civilisation née voici 5000 ans.

Tout au long des milliers de kilomètres de notre périple, nous avons vu comment des villages sont transformés en villes modernes, les routes chaotiques deviennent autoroutes, des lignes de trains à grande vitesse sont posées par ponts et tunnels à travers tout le pays, internet relie chaque village, des milliers de camions surchargés transportent des biens d’un bout à l’autre du pays, la circulation automobile est parfois si dense que certaines municipalités ont introduit la circulation alternée.  Pendant notre voyage, la Chine a envoyé 3 astronautes rejoindre sa propre station spatiale “Vaisseau céleste”. La Chine est un vaste et impressionnant chantier, un gigantesque moulin dans lequel une société archaïque et retardée est malaxée, triturée, bouleversée pour devenir un pays “moderne et civilisé”.

Car la Chine considère qu’elle est encore en voie de développement, malgré les performances renversantes de son économie, même si 550 millions (!) de personnes ont pu être sorties de l’extrême pauvreté au cours des 30 dernières années. Les besoins restent immenses, à l’échelle d’un continent.

Entrés en Chine avec pas mal d’à priori et prêts à donner quelques leçons sur les droits de l’homme et des minorités, la pollution et la corruption, une fois assis sur nos minuscules tabourets de la vieille ville de Xi’an, face à nos brochettes et nos jiaozi, nous nous demandons plus prosaïquement ce que signifie nourrir, loger, habiller, laver, soigner, éduquer, transporter 1,5 milliards de personnes. Et nous ressentons comme un vertige...

FL

17.06.2013

Bukhara

Mes yeux se posent sur le décor enchanteur des minarets et des coupoles de Bukhara. Face à moi le majestueux Pô Kalian, à la fois tour de guet, phare dans le désert et lieu d’appel à la prière, et les deux hauts portiques d’entrée à la mosquée et à la madressa attenantes. Plus loin, les coupoles multiples des bazars, d’autres minarets, d’autres portiques. Jamais l’air n’a été aussi limpide.

J’ai toujours eu une affection particulière pour cette cité du désert. Contrairement à Samarcande, dont les monuments brillent de toutes les facettes de leurs carreaux de faïence, les bâtiments de Bukhara sont de briques crues dont seules les variations de disposition apportent une subtile décoration. Le soir, les rayons obliques du soleil enrobent de miel les façades de la ville. Les ruelles sont calmes et intimes, et, assis sur ces pierres séculaires, l’émotion me gagne de tant de beauté.

J’avais découvert Bukhara voici bientôt trente ans et au fil des années je m’y suis fait de belles amitiés qui perdurent. Rushana, la petite vendeuse de cartes postales qui tient dans sa boutique les plus beaux tapis de la ville. Iskander, le maître de marionnettes aux yeux bleus si transparents, Rustam, son compère à la bonne humeur explosive. Elena, avec laquelle et son mari et ses amis et nos chauffeurs, nous avons passé d’interminables soirées à bavarder et à danser. Lorsque je m’étais arrêté en famille à Bukhara, Nicolass du haut de ses quatorze ans, avait passé un après-midi à jouer aux échecs avec le facteur d’instruments traditionnels à l’ombre de la statue de Nasredin.

J’ai ce privilège d’avoir pu construire une relation particulière à différents endroits du monde et de retrouver, chaque année ou presque, ces personnes amies qui m’accueillent à bras ouverts.

Mais le voyage offre aussi le privilège de pouvoir se confronter à d’autres réalités, d’autres cultures, d’autres moeurs, d’autres visions de l’histoire. Sur notre route, nous avons déjà traversé, mais en portions homéopathiques, la Roumanie, l’Ukraine, la Russie et le Kazakhstan avant ce séjour prolongé en Ouzbékistan.  Nous avons reçu partout un accueil chaleureux, des sourires radieux, une amabilité et une prévenance de tous les instants. Alors les idées préconçues tombent peu-à-peu, cette bouillie d’a priori, de désinformation et de suffisance qui nous obstrue l’esprit se liquéfie. Non, les Roumains ne sont pas des “voleurs de voitures”, le pays est accueillant, charmant et il avance. Non, les Russes ne sont pas des “dévoreurs d’enfants” et l’émouvant mémorial de la bataille de Stalingrad nous rappelle que la moitié des morts de la 2e guerre mondiale, 27 millions de civils et de soldats, étaient soviétiques et qu’on leur doit une part de notre liberté. Non, les Ouzbeks ne sont pas des “islamistes bornés” et la splendeur de l’architecture ou les statues d’Al Khorezmi ou d’Avicenne nous montrent que l’islam a produit des civilisations d’un très haut niveau de perfection.

Se confronter aux faits, souvent bien plus complexes qu’on les imagine, se débarrasser de son carcan idéologique, déconstruire ses préjugés pour essayer d’approcher et d’accepter la réalité, ouvrir son esprit et être capable de changer d’opinion sans craindre de s’être trompé pendant des années, ce n’est pas si facile. C’est même très déstabilisant. Les repères tombent, une part de nous est déséquilibrée et tombe avec. Mais c’est bien pour cela qu’on voyage, pour voir, comprendre et aimer. Et peut-être aussi pour mieux se voir, se comprendre, s’aimer.

Dans ma nuit de Bukhara, les étoiles se sont allumées tout au fond d’un ciel d’encre, très loin, plus loin qu’un esprit humain ne peut l’imaginer. Face au mystère de cet infiniment grand, je me sens infiniment petit, et je m’étonne une fois de plus de l’inconscience et de la vanité des hommes.

FL

16.05.2013

2013 - En route!

Souvent rêvé, longuement préparé, ce voyage exceptionnel sur les Routes de la Soie est devenu une réalité pour quelques-uns en ces premiers jours du mois de mai. La petite caravane "Expédition 2013" s'est enfin mise en route et file aujourd'hui vers l'Est. Objectif Pékin.

En à peine deux mois, champs infinis et forêts denses, déserts arides et cols s'ouvrant sur les plus hauts sommets enneigés, vastes steppes, rivières et grands fleuves, villes mythiques et villages inconnus, une quinzaine de participants aura traversé des paysages à couper le souffle, théâtre grandiose de rencontres insolites et de découvertes culturelles.

À Pékin, un deuxième groupe prendra le relais. Sur un itinéraire différent, il rejoindra les vastes plaines mongoles, puis, des monts Altaï aux plus belles villes d'Asie centrale, d'oasis légendaires en caravansérails, il trouvera le chemin du retour en Suisse.

35'000 kilomètres, 112 jours de voyage, 5 véhicules, 15 à 17 participants par trajet. Un voyage de découvertes et une aventure culturelle qui sort de l'ordinaire, loin des routes touristiques habituelles.
CM