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Voyages privés en Asie - Horizons 2018-2020
Voyages privés en Asie - Horizons 2018-2020
Premiers regards 2019-2020
Premiers regards 2019-2020

03.08.2012

Le vide et le plein

Quatre-vingt-douze jours de voyage, vingt-et-un mille kilomètres, et soudain, le vide! Pendant trois mois nous avons été sur la route, comptant chaque soir une nouvelle collection d’images, d’impressions, d’émerveillements, nous réjouissant chaque matin de nouvelles découvertes tout aussi merveilleuses, de nouvelles rencontres tout autant chargées d’émotions. Et soudain, ce sentiment de vide vertigineux que connaissent bien les voyageurs au long cours.

On roule ainsi, jusqu’à Singapour, et on arrive le corps fatigué de tout le chemin parcouru, l’esprit chargé de toutes ces émotions. Chaque journée de voyage, sans savoir précisément de quoi elle sera faite, nous avions la certitude qu’elle était promesse de surprises et d’étonnements. Mais ce soir-là, à Singapour, nous avons vidé les voitures, rendu les clés, pris possession des chambres détestables qui signifiaient la fin de notre expédition, puis s’est posée la question “Et demain ?”

Demain? Rien! Nous étions soudain des orphelins du voyage!

J’ai été réveillé par le jour naissant qui entrait dans ma chambre, groggy de cette incertitude, en déséquilibre sur un fil invisible. Alors j’ai marché longuement dans les rues de Singapour, suivi des avenues ombragées, m’arrêtant dans des parcs magnifiquement aménagés, longeant un canal ici, jetant un coup d’oeil dans un musée là, sans but, juste pour retrouver mes esprits. Peu à peu, le voyage a repris forme dans ma tête et j’ai pu remercier le destin de nous avoir amenés à bon port malgré des routes parfois bien improbables et permis de partager cette expérience unique avec de si aimables compagnons de voyage. Petit à petit, j’ai refait le plein de mes souvenirs et les images se sont reformées, se brouillant parfois. Celles d’Epidaure ou du Mont Nemrud en passant par Pinara, Phasélis, Thermessos et Sagalassos. Celles de Tabriz et de Meshad en passant par les ponts d’Isphahan, le tombeau de Cyrus, les ruines de Persépolis et le bazar de Yazd. Celles de Mary jusqu’à Termez en passant par le Po Kalyan et le mausolée des Samanides à Boukhara, le Gur Emir, le Shah’I Zinda et la Place du Registan à Samarcande. Celles de Dushambé, la capitale prétentieuse, et celles des hameaux du Pamir si accueillants, avec les logements chez l’habitant au milieu des sommets enneigés. Celles de Kashgar à Lhasa par des plateaux de très haute altitude comptant plus de yacks, d’ânes sauvages et de gazelles que d’habitants, celles de Gugé, du Mont Kailash et des monastères envoûtants de Sakya et de Shalu. Celles entre  Lhasa et le sud de la Chine, en traversant d’immenses forêts de pins et d'azalées, plongeant dans d’impressionnantes gorges avant d’escalader les pentes abruptes de cols vertigineux. Celles des collines du Laos et du lent fleuve endormi qui baigne Luang Prabang et Vientiane. Celles des longues plaines de Thaïlande et des infinies plantations de Malaisie, en passant par d’adorables plages et des villes, George Town, Malaka et même Kuala Lumpur, encore chargées de passé colonial. Images de nos guides aussi, qui ont rendu possible ce périple en dehors du commun. Images de tous ceux, artisans, mécaniciens, femmes de chambre, pasteurs, paysans et autres qui nous ont accueillis, aidés, conseillés quotidiennement.

Des images plein les yeux, des odeurs qui chatouillent encore le nez, des goûts qui restent collés au palais, des rencontres innombrables avec des gens toujours courtois, la découvertes de cultures différentes et belles, de philosophies et de religions étonnantes, d’histoires et de civilisations dont on ne veut généralement pas trop se préoccuper, tout s’est remis en place tranquillement. Et j’ai pu rentrer, apaisé, et riche aussi d’une certitude: J’ai encore beaucoup à apprendre et à comprendre de ce monde qui nous entoure. Vaste programme, mais qui donne du sens à ce très beau long voyage!

FL

29.06.2012

Les héros de la G318 sur les chemins de la liberté

Après quelques jours de repos, nous quittons Lhasa vers l’est et notre prochain col, le Mi La à 5000 m d’altitude. La circulation, dense aux abords de la grande ville, se raréfie, on ne rencontre bientôt plus que de rares voitures et quelques camions surchargés, par contre toujours plus de cyclistes. Ce sont les héros de la G318!

La G318, une des ces grandes artères chinoises qui traversent le pays, part de Shanghai et atteint 5476 km plus loin la frontière népalaise après avoir traversé tout le Tibet. Longtemps, ce fut une route de terre infernale, étroite, périlleuse, malmenée par les glissements de terrain, tout juste praticable en cas d’intempéries, disparaissant sous les éboulis ou disparaissant au fond des ravins. Depuis quelques années, un travail de titan, mobilisant des milliers d’ouvriers et de gigantesques machines de chantier, a permis, kilomètre après kilomètre, de créer un tracé plus stable, généralement asphalté, entretenu en permanence par des équipes de travailleurs prêts à intervenir avec leurs énormes engins.

Nous en avons croisé des centaines, de ces audacieux pédaleurs. Ils viennent de toutes les régions de Chine, se donnent rendez-vous aux clubs cyclistes de Chengdu et se lancent seuls ou en petits groupes à l’assaut de ces immenses montagnes par d’invraisemblables cols et une route improbable et sans fin qui aboutit à Lhasa quelques 1700 km plus loin. Ils sont rejoints par des compagnons de sueur partis, eux, de Kunming par une route qui n’est pas moins difficile. Ils devront franchir une dizaine de cols à plus de 5000 m (le plus élevé étant à 5350 m!), et un nombre incalculable de passes entre 4000 et 5000 m. Pendant trois semaines au moins, ils vont escalader les marches de l’Himalaya, plonger dans d’impressionnants défilés pour franchir de grands fleuves, la Salween, le Mékong et le Yang Tsé Kiang, qui grondent au fond des ravins, avant de repartir à l’assaut d’interminables lacets qui vont se perdre dans les nuages. Sur leur chemin, ils doivent affronter le froid et parfois la neige ou la pluie, des tronçons de boue gluante ou des champs de caillasse, mais aussi de longues descentes enivrantes sur des tapis d’asphalte récemment posés. Ils sont souvent lourdement chargés, mais montent des VTT sophistiqués. Ils traversent d’immenses forêts de pins, des pans entiers de montagnes couvertes d’azalées et de rhododendrons, des hauts plateaux dénudés. Ils se désaltèrent à l’eau des rivières et dorment dans d’adorables petits villages haut perchés. Et le soleil, dans sa compassion, est souvent de leur côté.

Nous en avons vu assis au bord de la route, épuisés, les poumons en feu, se demandant ce qu’ils sont venus faire dans cette galère. Mais le plus souvent, nous les avons croisés, un grand sourire en travers du visage, se photographiant ou se filmant tout en roulant, hilares. Des jeunes, garçons et filles, et des plus âgés, comme ces deux hommes de 70 et 77 ans, qui pointaient en tête de leur colonne. La route et la montagne leur appartenaient, et nous, mélange d’admiration et d’envie, nous avions l’impression avec nos voitures de ne pas être vraiment à notre place.

Ma première bicyclette! Reçue de mon père, trois vitesses, elle pesait dans les 12 kilos, mais elle m’a donné des jarrets d’acier. La sonnerie de l’école n’était pas terminée que déjà on pédalait vers les gorges de l’Orbe pour s’y baigner. Et en hiver, les quinze kilomètres qui nous séparaient de la patinoire d’Yverdon n’étaient que du plaisir. Avec les copains, on allait voir passer les coureurs du Tour de Suisse au col du Pillon, on suivait la Grande Boucle à la radio et on est parti pour 10 jours, chargés comme des mules, à la découverte des Alpes. Ma première bicyclette, ma liberté! Cette même liberté, certainement, que doivent ressentir ces héros de la G318.

FL

07.06.2012

Le syndrome de Guge

Quatre jours de routes à faire dresser les cheveux sur la tête, suite de trous, de bosses, d’ornières imprévisibles et de nuages de poussière, avec des cols à 5000 m et plus. Autant de nuits dans des refuges de fortune, sur des lits installés dans des conteneurs, sans eau courante et des toilettes en plein air. Les bras fatigués des chauffeurs, le dos malmené des passagers, les voitures qui semblent se disloquer à chaque cahot. Le Tibet, lorsqu’on veut l’atteindre depuis Kashgar, se mérite!

Et soudain, un enchantement! Dès Ali, un ruban d’asphalte parfaitement lisse se déroule devant nous. Pour les habitants de cette pauvre région désolée, cette nouvelle route est, tout comme le câble de fibre optique qui la longe, la promesse d’une vie meilleure. Et pour nous, heureux voyageurs, c’est enfin le moment de détourner l’oeil des pièges de la piste, pour jouir du silence des grands espaces et emplir notre regard de l’extrême beauté des paysages. Nous traversons des hauts plateaux arides et découvrons, parfois de très près, des troupeaux de gazelles -nous en avons compté une fois plus de 100-, des groupes d’ânes sauvages élégants et farouches, des troupes de canards, des grues à tête noire ou rouge, et, bien sûr d’innombrables rassemblements de yacks, de chèvres et de moutons poussés par des pasteurs en transhumance. Nous gravissons quelques cols et apercevons des mouflons de Marco Polo qui nous observent paisiblement du haut des rochers.

Lorsque nous quittons le cours de l’Indus pour gravir une nouvelle chaîne de montagne et nous diriger vers l’ancien royaume de Guge, une fois franchi le col, s’ouvre à notre regard un spectacle d’une beauté inouïe, une succession infinie de vallonnements parsemés d’herbe rare, entrecoupés de gorges profondes, de roches friables façonnées depuis des millénaires par le vent en d’impressionnantes cathédrales et d’immenses forêts d’arbres géants, avec au loin, mais à portée de main, le collier des sommets enneigés qui nous séparent de l’Inde.

Le silence s’est installé dans la voiture, l’un de nous -lequel?- fait jouer le Requiem de Mozart, puis la Création de Haydn, musique de circonstance en accord avec la somptueuse beauté de la nature. Nous avançons dans un état second, d’extrême légèreté, avec le sentiment d’être soudain transporté ailleurs. Les paroles restent prises dans la gorge nouée, les yeux embués, chacun à sa manière peut remercier le Ciel de nous offrir cet instant magique. Nous restons sans voix, pendant de longues heures. Peut-on mourir devant tant de beauté? Peut-on mourir d’art, s’était demandé Stendhal après sa visite de l’Eglise de Santa Croce de Florence....

Ce sentiment d’avoir reçu un précieux cadeau ne nous quittera pas. Nous découvrirons avec un bonheur intact la forteresse de Tsaparang et le très vieux monastère de Tholing, plus loin quelques perles rares viendront compléter notre bonheur, au monastère fortifié et austère de Sakya, dans les salles sombres et mystérieuses du petit monastère de Shalu, parmi les pèlerins du Tashilumpo ou en découvrant une à une les 73 chapelles du stupa de Gyantsé.

Après le repos de Lhasa, nous repartirons vers de nouvelles découvertes sans savoir ce qu’elles nous réservent, mais avec la certitude que nous aurons d’autres occasions de silence et de contemplation.

FL

30.05.2012

Ishkul, entre Lénine et Somoni

La statue d’Ismael Somoni trône au centre de la capitale Dushanbe. C’est le héros national qu’il a fallu dénicher au lendemain de l’indépendance, non souhaitée et encore moins voulue, de 1991. Sous prétexte qu’il dirigeait un brillant royaume voici plus de 1000 ans, Somoni serait à l’origine, et sera donc le nouveau départ, d’une nation tadjique prospère et puissante. Mais il y a quelques problèmes: Son royaume s’étendait aux pays voisins, jusqu’à l’Iran, et son mausolée se trouve à Boukhara, en Ouzbékistan. Puis les Samanides ont été vaincus et chassés du pouvoir par les tribus turques qui forment actuellement les pays alentours. Le rêve de grandeur des dirigeants actuels n’est pas pour faciliter les relations internationales! Pour que l’ancien monarque fasse grande impression, on lui a donné une allure martiale et un visage, ou plutôt une grimace, que l’on retrouve partout, sur les billets de banque comme sur des bouteilles de vodka.

Au centre du petit village d’Iskashim, au bord de l’Amou Daria qui fait frontière avec l’Afghanistan, on peut voir encore le modeste buste de Lénine devant l’ancien siège de la municipalité. Pas question de le déboulonner, car les bienfaits de l’indépendance ne sont pas encore venus jusque là.

Si à Dushanbe, près de la statue de Somoni, se dressent d’imposants palais gouvernementaux et de luxueux immeubles résidentiels dont le prix d’achat au mètre carré est comparable à celui de Zurich, si de rutilantes voitures de marques prestigieuses circulent silencieusement sur des routes défoncées, dans le Pamir par contre, l’abandon de l’économie collective a jeté les habitants dans la misère. Faute de moyens, les champs sont labourés à la main, à l’aide de boeufs pour les plus fortunés, alors que les tracteurs en ruines ne sont plus réparés. Les routes, perclues de trous béants, ne sont plus entretenues. Les habitations, lorsqu’elle ne sont pas abandonnées par leurs occupants partis chercher fortune ailleurs, survivent difficilement aux intempéries. L’électricité n’arrive que parcimonieusement, l’essence et le charbon manquent, les conduites d’eau explosées par le gel ne sont pas remplacées et les produits de base, généralement de médiocre qualité, sont aussi rares que chers. Et lorsque l’hiver, comme cette année, est particulièrement rigoureux, certains habitants doivent arracher le plancher de leur maison pour se chauffer.

Pourtant, au milieu de cette désolation et de ces paysages grandioses, règnent le sourire et l’optimisme des montagnards, prêts à affronter toutes les difficultés. De petits hôpitaux survivent avec de maigres moyens, les écoles sont entretenues, les enfants s’y rendent en uniforme impeccable, et la vie s’organise dans une ambiance de survie. Les Pamiris y croient: Le vent tournera et il y aura des jours meilleurs, un jour...

Certes, le Tadjikistan a dû affronter 7 années de guerre civile particulièrement meurtrière contre des mouvements islamistes inspirés d’Afghanistan. Il a fallu panser les plaies et reconstruire ce qui avait été détruit. Certes aussi, l’indépendance et la sortie du système économique mis en place sous l’Union soviétique ont placé le pays devant d’immenses difficultés. Il a fallu tout reprendre à zéro et tout réinventer. Mais la nouvelle organisation économique a créé des disparités considérables, des fortunes inouïes se sont accumulées au fur et à mesure que la misère gagnait les vallées. Quant à la liberté et à la démocratie promises qui devaient annoncer des jours radieux, elles se résument à cette réflexion entendue ici et là: Un bulletin de vote tous les cinq ans, ça ne nourrit pas son homme!

Il n’est pas étonnant dès lors que les mêmes remarques jalonnent nos conversations: C’était mieux avant, plus simple et plus modeste, mais il n’y avait pas toutes ces différences et chacun avait assez pour vivre. Ishkul, enseignant et guide, sait de quoi il parle, lui qui doit compter sur sa fille pour s’acheter une paire de pantalons!

Pendant une dizaine de jours, par des cols à 4000 m et plus, et au milieu des sommets enneigés perdus dans la brume, nous avons côtoyé ces gens magnifiques qui nous ont accueillis avec de maigres ressources et un coeur immense. Nous étions bien conscients de nos privilèges de naissance et notre coeur était serré par tant d’injustice. Nous avons répondu à leurs sourires par notre respect et notre admiration.

FL

15.05.2012

Le regard de Hafez sur Tamerlan

Welcome to Iran! Bienvenue! Quel plaisir de vous voir! Que pensez-vous de notre pays? Est-il aussi mauvais que ce qu’en disent vos journaux?

C’est avec ces mots, et des sourires chaleureux, que nous avons été accueillis en Iran! De belles routes nous ont conduits de Tabriz à Ispahan, puis à Shiraz, Yazd, Bidokh et Meshad pour une découverte qui fut à la fois une plongée dans une belle et longue histoire, et une rencontre avec un pays et ses habitants très éloignée des images paranoïaques répandues en Occident. Bien sûr, on rencontre encore parfois le regard soupçonneux et sournois des gardiens de la révolution, mais les tenues vestimentaires, très élégantes et osées, des jeunes femmes prennent le dessus sur les robes des mollahs. Les mosquées se vident et les parcs publics se transforment en vastes campings par des familles en vacances qui s’installent au coeur des villes pour une nuit ou une semaine, qui pique- niquent, cuisinent, jouent et chantent. Dans les rues et les bazars, le chant des muezzins, malgré des haut-parleurs réglés au maximum, ne peut résister à la concurrence des groupes rock-pop de la jeunesse iranienne. Bien sûr, le pèlerinage à Qom ou Meshad reste un acte important, de tradition et de foi, mais nous visitons Persépolis en compagnie de milliers d’Iraniens venus retrouver leur passé. Partout, nous sommes assaillis de questions par une foule joyeuse et chacun veut se faire photographier en notre compagnie.

Les Iraniens souffrent de leur mise au ban de la communauté internationale, qu’ils considèrent comme injuste. Ils reconnaissent la responsabilité de leur gouvernement, mais ils n’admettent pas la politique de “deux poids, deux mesures”. Et d’ailleurs, un pays qui élève des statues et des mausolées à ses poètes ne peut être mauvais! Dans le beau parc qui entoure le tombeau de Hafez, une jeune femme nous propose de nous lire quelques vers du grand poète, puis elle nous les traduit et les commente. Elle vient, comme de nombreux autres, nous dit-elle, chaque semaine, pour trouver auprès de Hafez la force et la sagesse indispensables à la vie.

Nous avons dû quitter ce pays enchanteur, mais nous aurions volontiers prolongé notre séjour. Nous avons donc affronté deux frontières successives, Turkménistan et Ouzbékistan, et d’épouvantables routes, pour rejoindre les splendides villes-oasis de Boukhara et Samarcande. Dans ce pays de vieilles traditions, l’accueil aussi est magnifique. Mais là, au milieu de somptueux édifices bâtis par de sages souverains, trônent depuis quelques années de gigantesques statues en bronze du tyran et conquérant Timur-le-boîteux, érigées pour glorifier le sentiment national. En mangeant, le soir au bord du Lyabi Khaouz, avec cinq amis, juif, ouzbek, tatar, russe et kazakh, j’ai pu en avoir une nouvelle fois la preuve: ici, personne n’est dupe, et, comme en Iran, c’est à Hafez qu’on se réfère, et non à Tamerlan.

FL

23.04.2012

Le sourire de Léto à Antiochos

Eprise de Zeus, la déesse Léto mit au monde 2 enfants, Artémis et Apollon. Chassée par Héra, l’épouse en colère, elle trouva refuge sur la côte, mais en fut repoussée par les pêcheurs. Elle les transforma alors en grenouilles et des loups la conduisirent auprès d’une source où elle put laver ses enfants. En remerciement, elle nomma cette région la Lycie.

Après quelques balbutiements du ferry, nous avons touché la côte turque à Hallicarnasse (Bodrum), emplacement du tombeau du roi Mausole, la cinquième des sept merveilles du monde, et nous avons plongé dans l’histoire et la mythologie grecque. L’Asie mineure fut, dès la conquête par Alexandre, une part importante de l’empire et les traces qui en subsistent sont innombrables et mériteraient un séjour prolongé pour partir à la découverte de tous ces trésors. Sur la longue route qui nous mènera finalement à Singapour, nous avons pris le temps de découvrir quelques uns des plus beaux témoignages de cette époque de grandeur. L’agora à demi submergée du Letoon, les délicieux petits ports de Phaselis, le théâtre secret de Kadyanda caché dans une forêt de pins, les terrasses de  Kadyanda agrippées au flanc de la montagne, le fabuleux théâtre de Thermessos perché au sommet d’un col ou la superbe nymphée de Sagalassos sont quelques uns des lieux, pour la plupart hors des circuits touristiques, qui ont marqué le début de notre aventure. Et toujours, nous étions accompagnés par les histoires merveilleuses que nous a laissé la mythologie, avec ses dieux à l’images des hommes, vindicatifs et paisibles, emportés et sages, courageux et lâches, amoureux, jaloux, prêts à toutes les tromperies et à toutes les astuces pour atteindre leurs buts, mais qui, dans tous leurs actes, faisaient la preuve de leur grandeur.

Plus loin sur notre route, au sommet du Mont Nemrut, nous avons découvert les statues gigantesques que le roi Antiochus Theos 1er de Commagène fit ériger en son propre honneur et celle des dieux grecs et perses. Son rêve d’être le lien entre les deux empires ne résista pas aux aléas de l’histoire. A n’en pas douter, Léto, du haut de son Olympe, a souri à Antiochos pour lui rappeler que la volonté des rois n’a que peu de poids face aux décisions des dieux.

Cette Turquie que nous quitterons bientôt pour l’Iran nous a laissé bien d’autres souvenirs que ceux que l’histoire nous a transmis: l’amabilité infinie de ses habitants, ses paysages magnifiques et sans cesse renouvelés, sa cuisine délicieuse souvent accompagnée d’excellents vins. Mais aussi des rencontres émouvantes, comme lorsque nous avons apporté à un couple de vieux parents la photo de leur fils émigré en Suisse et qu’ils n’ont pas revu depuis bien des années. La Turquie est belle, si différente et si proche, et nous nous y sentions un peu comme à la maison.

FL

16.04.2012

Un itinéraire inédit : Suisse-Singapour en 92 jours

Les voitures sont prêtes, les valises bouclées et chargées. Les formalités administratives sont derrière nous et nous avons bien en main l’ensemble des autorisations et visas nécessaires à notre expédition. L’ambiance est au départ... une nouvelle aventure sur les Routes de la Soie nous attend!


Légende: Itinéraire Suisse-Singapour du 10 avril au 11 juillet 2012

Mardi matin, la petite “caravane” de Voyages et Culture (quinze voyageurs dans quatre véhicules 4x4) s’est mise en route pour un long voyage vers l’Asie. Pendant trois mois, elle empruntera partiellement de nouvelles routes, particulièrement spectaculaires, pour rejoindre Singapour. Par la Grèce d'abord, puis la Turquie et l'Est anatolien, l'Iran et l'Asie centrale, elle passera au pied des Monts Pamir par la mythique M41, la Route des nuages au Tadjikistan, avant d'atteindre Kashgar, à l'extrême ouest de la Chine. Elle rejoindra le Royaume de Guge, le Mont Kailash et Lhasa par une route difficile qui serpente à une altitude de 4000 à 6000 mètres entre l'Himalaya et le Karakorum, avant de redescendre vers le Sud-Ouest de la Chine, traverser le Laos et la Thaïlande, longer les côtes malaises et arriver finalement à Singapour. Un nouvel itinéraire, avec de nombreuses premières, une expédition exigeante pour les véhicules comme pour les participants, une aventure au vrai sens du terme!

C’est avec grand plaisir que nous partagerons avec vous dans nos prochaines “Chroniques de Voyages” quelques unes des plus belles impressions, rencontres et découvertes, que nos voyageurs ne manqueront pas de croiser sur leur route.

CM